dimanche 20 novembre 2011

Jeanne Jacqueline de Romilly


Jacqueline avait un an lorsque son père mourut à la guerre en 1914. Sa mère, Jeanne Malvoisin, avait épousé Maxime David rencontré au cours de Bergson. " Jeanne au bracelet d'argent... malgré sa modestie, on portait attention au bijou, parce que, déjà alors, elle devait le porter avec cette fine coquetterie... "

Jeanne dut affronter les difficultés matérielles. Indépendante, anticonformiste. L'argent devenu rare, le diamant vendu, quelques affaires entreposées chez un concierge, volées. Sans cesse la fille raconte la mère. " Que furent donc pour elle ces années de guerre, où tout venait de se rompre ? Ce furent des années toutes remplies par moi. "

Jeanne éduquée, elle coud les robes, recouvre les coussins, lettrée elle trouve dans l'écriture le travail qui va lui permettre de les relever. Elle eut du succès. Travailla pour la radio. Elle était assise, toujours avec son carnet à rayures. Le théâtre était sa passion, 10 ans aux côtés de Gaston Baty, elle lisait les textes. Souvenirs que Jacqueline de Romilly refusera de commenter. "... on ne pense vraiment au passé que losque l'on n'a plus d'avenir. "

En 1934, Jeanne offrit une édition bilingue latin-grec de Thucydide. Et Jacqueline devint la spécialiste de la pensée grecque. A demi-juives par leurs mariages elles fuient Paris, Aix-en-Provence puis Aix-les-Bains. L'après-guerre " ... une espérance dont on a si ardemment vécu pendant des années peut, quand elle se réalise et disparaît, laisser derrière elle un vide cruel. "
Jeanne mourut en 1977, le livre écrit dans l'année ne fut alors édité qu'à quelques exemplaires distribués aux proches. " Je ne vais pas, je ne peux pas parler de la mort de Jeanne. C'est affaire entre elle et moi. "
Elle demanda à son éditeur et ami Bernard de Fallois de l'éditer après sa mort.

Jacqueline de Romilly a disparu en décembre 2010

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