samedi 10 octobre 2015

La Mort au Festival de Cannes Brigitte Aubert ( roman France )

La Mort au Festival de Cannes - Brigitte Aubert

                                 La Mort au Festival de Cannes

            Pas de panique ! Le vent mauvais qui souffle ne dérange pas les acheteurs, vendeurs, promoteurs, acteurs ou autres qui ne s'affolent qu'au bruit des applaudissements et de la proximité des buffets, à dégoûter le lecteur des canapés au saumon et des boissons "..... nous a offert du café bien que nous sortions du petit déjeuner. Comme je suis tout le temps immobile, j'ai la sensation que la caféine s'accumule dans mon corps telle une charge explosive qui me pousse à la tremblote mentale.... " L'héroïne n'est autre qu'Elise Andrioli apparue dans un autre livre de Brigitte Aubert. Victime lors d'un attentat, tétraplégique, muette, aveugle, clouée dans son fauteuil elle ne correspond qu'à travers son ordinateur attaché à son fauteuil et grâce à sa main gauche, encore faut-il qu'aucune main malveillante ne bouscule ses habitudes. De son accident, de sa nouvelle vie un film d'où sa présence à Cannes lors du festival. Elle préside également le jury " Jeunes Talents ". Des adultes nerveux, des adolescents pas très adolescents, une écriture qui transmet en fait la pensée d'une personne qui entend mais ne voit rien. Son odorat plus son imagination et les descriptions de son aide Yvette en font un livre qui, au départ surprend, puis l'ambiance, les personnages, les morts, suicide, assassinat ou meurtre, et les pages se tournent. Un commissaire à imperméable, genre Columbo. ".... La fatalité, la main sournoise.... Isidore.... est revenu poser des questions, essayé d'obtenir une cartographie des lieux..... Dix mille personnes défilent dans ces lieux chaque jour, de préférence en courant, s'arrête de manière inopinée.... font des écarts, des détours imprévus, bref on est très loin du meurtre intime dans la bibliothèque du manoir.... " Du bunker Yvette et Elise sortent peu, un petit tour sur la Croisette les conduit au Majestic ou elles logent, ou à une fête privée sur la plage, enfin pas vraiment une fête pour Elise. Une fin surprise.



vendredi 9 octobre 2015

Portraits de Musiciens - Peintres Chopin, Watteau Marcel Proust ( Ecrits sur l'art France )

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chopinwithcherries.blogspot.com
         
                                              Chopin
                                                                           A Edouard Risler

            Chopin, mer de soupirs, de larmes, de sanglots
            Qu'un vol de papillons sans se poser traverse
            Jouant sur la tristesse ou dansant sur les flots.
            Rêve, aime, souffre, crie, apaise, charme ou berce,
            Toujours tu fais courir entre chaque douleur
            L'oubli vertigineux et doux de ton caprice
            Comme le papillon vole de fleur en fleur ;                                      omifacsimiles.com
Afficher l'image d'origine            De ton chagrin alors ta joie est la complice :
            L'ardeur du tourbillon accroît la soif des pleurs.
            De la lune et des eaux pâle et doux camarade,
            Prince du désespoir ou grand seigneur trahi,
            Tu t'exaltes encore, plus beau d'être pâli,
            Du soleil inondant ta chambre de malade
            Qui pleure à lui sourire et souffre de le voir....
            Sourire du regret et larmes de l'Espoir !
                                                                                                           
                                                                                                                 
larousse.fr                                                                Marcel Proust
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                                                 Antoine Watteau

      Crépuscule grimant les arbres et les faces,
      Avec son manteau bleu, sous son masque incertain ;
       Poussière de baisers autour des bouches lasses...
       Le vague devient tendre, et le tout près, lointain.
            La mascarade, autre lointain mélancolique,
            Fait le geste d'aimer plus faux, triste et charmant.
            Caprice de poète - ou prudence d'amant,
            L'amour ayant besoin d'être orné savamment -
            Voici barques, goûters, silences et musique.


                                                                         Marcel Proust
         












samedi 3 octobre 2015

Ce cochon de Morin Guy de Maupassant ( nouvelles France )


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                                   Ce cochon de Morin 
                                                                                A M. Oudinot
            - Ça, mon ami, dis-je à Labarbe, tu viens encore de prononcer ces quatre mots, " ce cochon de Morin ". Pourquoi, diable, n'ai-je jamais entendu parler de Morin sans qu'on le traitât de " cochon "?
            Labarbe, aujourd'hui député, me regarda avec des yeux de chat-huant.
            - Comment, tu ne sais pas l'histoire de Morin, et tu es de La Rochelle ?
            J'avouai que je ne savais pas l'histoire de Morin. Alors Labarbe se frotta les mains et commença son récit.Alors Labarbe se frotta les mains et commença son récit.
            - Tu as connu Morin, n'est-ce pas, et tu te rappelles son grand magasin de mercerie sur le quai de La Rochelle ?
            - Oui, parfaitement.
            - Eh bien, sache qu'en 1862 ou 63 Morin alla passer quinze jours à Paris, pour son plaisir, ou ses plaisirs, mais sous prétexte de renouveler ses approvisionnements. Tu sais ce que sont, pour un commerçant de province, quinze jours de Paris. Cela vous met le feu dans le sang. Tous les soirs des spectacles, des frôlements de femmes, une continuelle excitation d'esprit. On devient fou. On ne voit plus que danseuses en maillot, actrices décolletées, jambes rondes, épaules grasses, tout cela presque à portée de la main, sans qu'on ose ou qu'on puisse y toucher. C'est à peine si on goûte, une fois ou deux, à quelques mets inférieurs. Et l'on s'en va le coeur encore tout secoué, l'âme émoustillée, avec une espèce de démangeaison de baisers qui vous chatouillent les lèvres.
            Morin se trouvait dans cet état, quand il prit son billet pour La Rochelle par l'express de 8h40 du soir. Et il se promenait plein de regrets et de trouble dans la grande salle commune du chemin de fer d'Orléans, quand il s'arrêta net devant une jeune femme qui embrassa une vieille dame. Elle avait relevé sa voilette, et Morin, ravi, murmura : " Bigre, la belle personne ! "
            Quand elle eut fait ses adieux à la vieille, elle entra dans la salle d'attente, et Morin la suivit ; puis elle passa sur le quai, et Morin la suivit encore ; puis elle monta dans un wagon vide, et Morin la suivit toujours.
            Il y avait peu de voyageurs pour l'express. La locomotive siffla ; le train partit. Ils étaient seuls.
            Morin la dévorait des yeux. Elle semblait avoir dix-neuf à vingt ans ; elle était blonde, grande, d'allure hardie. Elle roula autour de ses jambes une couverture de voyage, et s'étendit sur les banquettes pour dormir.
            Morin se demandait : " Qui est-ce ? " Et mille suppositions, mille projets lui traversaient l'esprit. Il se disait : " On raconte tant d'aventures de chemin de fer. C'en est peut-être une qui se présente pour moi. Qui sait ? une bonne fortune est si vite arrivée. Il me suffirait peut-être d'être audacieux. N'est-ce pas Danton qui disait : " De l'audace, de l'audace et toujours de l'audace ? " Si ce n'est pas Danton, c'est Mirabeau. Enfin, qu'importe. Oui, mais je manque d'audace, voilà le hic. Oh! Si on savait, si on pouvait lire dans les âmes ! Je parie qu'on passe tous les jours, sans s'en douter, à côté d'occasions magnifiques. Il lui suffirait d'un geste pourtant pour m'indiquer qu'elle ne demande pas mieux... "
            Alors, il supposa des combinaisons qui le conduiraient au triomphe. Il imaginait une entrée en rapport chevaleresque, des petits services qu'il lui rendait, une conversation vive, galante, finissant par une déclaration qui finissait par... par ce que tu penses.
            La nuit cependant s'écoulait et la belle enfant dormait toujours, tandis que Morin méditait sa chute. Le jour parut, et bientôt le soleil lança son premier rayon, un long rayon clair venu de l'horizon, sur le doux visage de la dormeuse.
            Elle s'éveilla, s'assit, regarda la campagne, regarda Morin et sourit. Elle sourit en femme heureuse, d'un air engageant et gai. Morin tressaillit. Pas de doute, c'était pour lui ce sourire-là, c'était bien une invitation discrète, le signal rêvé qu'il attendait. Il voulait dire, ce sourire : " Êtes-vous bête, êtes-vous niais, êtes-vous jobard, d'être resté là, comme un pieu, sur votre siège depuis hier soir.
            Voyons, regardez-moi, ne suis-je pas charmante ? Et vous demeurez comme ça toute une nuit en tête à tête avec une jolie femme sans rien oser, grand sot. "
            Elle souriait toujours en le regardant ; elle commençait même à rire ; et il perdait la tête, cherchant un mot de circonstance, un compliment, quelque chose à dire enfin, n'importe quoi. Mais il ne trouvait rien, rien. Alors, saisi d'une audace de poltron, il pensa ! " Tant pis, je risque tout " ; et brusquement, sans crier " gare "
il s'avança, les mains tendues, les lèvres gourmandes, et, la saisissant à pleins bras, il l'embrassa.
            D'un bond elle fut debout, criant : " Au secours ", hurlant d'épouvante. Et elle ouvrit la portière ; elle agita ses bras dehors, folle de peur, essayant de sauter, tandis que Morin éperdu, persuadé qu'elle allait se précipiter sur la voie, la retenait par sa jupe en bégayant : " Madame... oh !... madame. "
            Le train ralentit sa marche, s'arrêta. Deux employés se précipitèrent aux signaux désespérés de la jeune femme qui tomba dans leurs bras en balbutiant : " Cet homme a voulu... a voulu... me... me..." Et elle s'évanouit.
            On était en gare de Mauzé.Le gendarme présent arrêta Morin.
            Quand la victime de sa brutalité eut repris connaissance, elle fit sa déclaration. L'autorité verbalisa. Et le pauvre mercier ne put regagner son domicile que le soir, sous le coup d'une poursuite judiciaire pour outrage aux bonnes moeurs dans un lieu public.


                                                                      II

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            J'étais alors rédacteur en chef du " Fanal des Charentes "; et je voyais Morin, chaque soir, au café du Commerce.
            Dès le lendemain de son aventure, il vint me trouver, ne sachant que faire. Je ne lui cachai pas mon opinion : " Tu n'es qu'un cochon. On ne se conduit pas comme ça. "
            Il pleurait ; sa femme l'avait battu ; et il voyait son commerce ruiné, son nom dans la boue, déshonoré, ses amis indignés, ne le saluant plus. Il finit par me faire pitié, et j'appelai mon collaborateur Rivet, un petit homme goguenard et de bon conseil, pour prendre ses avis.
            Il m'engagea à voir le procureur impérial, qui était de mes amis. Je renvoyai Morin chez lui et je me rendis chez ce magistrat.
            J'appris que la femme outragée était une jeune fille, Mlle Henriette Bonnel, qui venait de prendre à Paris ses brevets d'institutrice et qui, n'ayant plus ni père ni mère, passait ses vacances chez son oncle et sa tante, braves petits bourgeois de Mauzé.
            Ce qui rendait grave la situation de Morin, c'est que l'oncle avait porté plainte. Le ministère public consentait à laisser tomber l'affaire si cette plainte était retirée. Voilà ce qu'il fallait obtenir.
            Je retournai chez Morin. Je le trouvai dans son lit, malade d'émotion et de chagrin. Sa femme, une grande gaillarde osseuse et barbue, le maltraitait sans repos. Elle m'introduisit dans la chambre en me criant par la figure : " Vous venez voir ce cochon de Morin ? Tenez, le voilà, le coco ! ".
            Et elle se planta devant le lit, les poings sur les hanches. J'exposai la situation ; et il me supplia d'aller trouver la famille. La mission était délicate ; cependant je l'acceptai. Le pauvre diable ne cessait de répéter :  " Je t'assure que je ne l'ai pas même embrassée, non, pas même. Je te le jure ! "
            Je répondis : " C'est égal, tu n'es qu'un cochon. " Et je pris mille francs qu'il m'abandonna pour les employer comme je le jugerais convenable.
            Mais comme je ne tenais pas à m'aventurer seul dans la maison des parents, je priai Rivet de m'accompagner. Il y consentit, à la condition qu'on partirait immédiatement, car il avait, le lendemain dans l'après-midi, une affaire urgente à La Rochelle.
            Et, deux heures plus tard, nous sonnions à la porte d'une jolie maison de campagne. Une belle jeune fille vint nous ouvrir. C'était elle assurément. Je dis tout bas à Rivet : " Sacrebleu, je commence à comprendre Morin. "
            L'oncle, M. Tonnelet, était justement un abonné du " Fanal ", un fervent coreligionnaire politique qui nous reçut à bras ouverts, nous félicita, nous congratula, nous serra les mains, enthousiasmé d'avoir chez lui les deux rédacteurs de son journal. Rivet me souffla dans l'oreille : " Je crois que nous pourrons arranger l'affaire de ce cochon de Morin. "
            La nièce s'était éloignée ; et j'abordai la question délicate. J'agitai le spectre du scandale ; je fis valoir la dépréciation inévitable que subirait la jeune personne après le bruit d'une pareille affaire ; car on ne croirait jamais à un simple baiser.
            Le bonhomme semblais indécis ; mais il ne pouvait rien décider sans sa femme qui ne rentrerait que le lendemain tard dans la soirée. Tout à coup il poussa un cri de triomphe : " Tenez, j'ai une idée excellente. Je vous tiens, je vous garde. Vous allez dîner et coucher ici tous les deux ; et, quand ma femme sera revenue, j'espère que nous nous entendrons. "
            Rivet résistait ; mais le désir de tirer d'affaire ce cochon de Morin le décida ; et nous acceptâmes l'invitation.    ilyaunsiecle.blog.lemonde.fr
            L'oncle se leva radieux, appela sa nièce, et nous proposa une promenade dans sa propriété, en proclamant : " A ce soir les affaires sérieuses. "
            Rivet et lui se mirent à parler politique. Quant à moi, je me trouvai bientôt à quelques pas en arrière, à côté de la jeune fille. Elle était vraiment charmante, charmante !
            Avec des précautions infinies, je commençai à lui parler de son aventure pour tâcher de m'en faire une alliée.
            Mais elle ne parut pas confuse le moins du monde ; elle m'écoutait de l'air d'une personne qui s'amuse beaucoup.
            Je lui disais : " Songez donc, mademoiselle, à tous les ennuis que vous aurez. Il vous faudra comparaître devant le tribunal, affronter les regards malicieux, parler en face de tout ce monde, raconter publiquement cette triste scène du wagon. Voyons, entre nous, n'auriez-vous pas mieux fait de ne rien dire, de remettre à sa place ce polisson sans appeler les employés ; et de changer simplement de voiture ? "
            Elle se mit à rire : " C'est vrai ce que vous dites ! mais que voulez-vous ? J'ai eu peur ; et, quand on a peur, on ne raisonne plus. Après avoir compris la situation, j'ai bien regretté mes cris ; mais il était trop tard. Songez aussi que cet imbécile s'est jeté sur moi comme un furieux, sans prononcer un mot, avec une figure de fou. Je ne savais même pas ce qu'il me voulait. "
            Elle me regardait en face, sans être troublée ou intimidée. Je me disais : " Mais c'est une gaillarde, cette fille. Je comprends que ce cochon de Morin se soit trompé. "
            Je repris en badinant : " Voyons, mademoiselle, avouez qu'il était excusable, car, enfin, on ne peut pas se trouver en face d'une aussi belle personne que vous sans éprouver le désir absolument légitime de l'embrasser. "
            Elle rit plus fort, toutes les dents au vent : " Entre le désir et l'action, monsieur, il y a place pour le respect. "
            La phrase était drôle, bien que peu claire. Je demandai brusquement : " Eh bien, voyons, si je vous embrassais, moi, maintenant, qu'est-ce que vous feriez ? "
            Elle s'arrêta pour me considérer du haut en bas, puis elle dit tranquillement : " Oh, vous, ce n'est pas la même chose. "
            Je le savais bien, parbleu, que ce n'était pas la même chose, puisqu'on m'appelait dans toute la province " le beau Labarbe ". J'avais trente ans, alors, mais je demandai : " Pourquoi ça ? "
            Elle haussa les épaules, et répondit : " Tiens ! parce que vous n'êtes pas aussi bête que lui. " Puis elle ajouta, en me regardant en-dessous : " Ni aussi laid. "
            Avant qu'elle ait pu faire un mouvement pour m'éviter, je lui avais planté un bon baiser sur la joue. Elle sauta de côté, mais trop tard. Puis elle dit : " Eh bien ! vous n'êtes pas gêné non plus, vous. Mais ne recommencez pas ce jeu-là. "
            Je pris un air humble et je dis à mi-voix : " Oh ! mademoiselle, quant à moi, si j'ai un désir au coeur, c'est de passer devant un tribunal pour la même cause que Morin. "
            Elle demanda à son tour : " Pourquoi ça ? " Je la regardai au fond des yeux sérieusement : " Parce que vous êtes une des plus belles créatures qui soient , parce que ce serait pour moi un brevet, un titre, une gloire, que d'avoir voulu vous violenter. Parce qu'on dirait, après vous avoir vue : " Tiens, Labarbe n'a pas volé ce qui lui arrive, mais il a de la chance tout de même. "
            Elle se remit à rire de tout son coeur.                                                                  valdoise.fr
            " Êtes-vous drôle ? " Elle n'avait pas fini le mot - drôle - que je la tenais à pleins bras et je lui jetais des baisers voraces partout où je trouvais une place, dans les cheveux, sur le front, sur les yeux, sur la bouche parfois, sur les joues, par toute la tête, dont elle découvrait toujours malgré elle un coin pour garantir les autres.
            A la fin, elle se dégagea, rouge et blessée. " Vous êtes un grossier, monsieur, et vous me faites repentir de vous avoir écouté. "
            Je lui saisis la main, un peu confus, balbutiant : " Pardon, pardon, mademoiselle. Je vous ai blessée ; j'ai été brutal ! Ne m'en voulez pas. Si vous saviez ?... " Je cherchais vainement une excuse.
            Elle prononça, au bout d'un moment : " Je n'ai rien à savoir, monsieur. "
            Mais j'avais trouvé ; je m'écriai : Mademoiselle, voici un an que je vous aime ! "
            Elle fut vraiment surprise et releva les yeux. Je repris : " Oui, mademoiselle, écoutez-moi. Je ne connais pas Morin et je me moque bien de lui. Peu m'importe qu'il aille en prison et devant les tribunaux. Je vous ai vue ici, l'an passé, vous étiez là-bas, devant la grille. J'ai reçu une secousse en vous apercevant et votre image ne m'a plus quitté. Croyez-moi ou ne me croyez pas, peu m'importe. Je vous ai trouvée adorable
votre souvenir me possédait ; j'ai voulu vous revoir ; j'ai saisi le prétexte de cette bête de Morin ; et me voici.
Les circonstances m'ont fait passer les bornes ; pardonnez-moi, je vous en supplie, pardonnez-moi. "
            Elle guettait la vérité dans mon regard, prête à sourire de nouveau ; et elle murmura : " Blagueur. "
            Je levai la main, et, d'un ton sincère ( je crois même que j'étais sincère ) : " Je vous jure que je mens pas. "
            Elle dit simplement : " Allons donc. "
            Nous étions seuls, tout seuls, Rivet et l'oncle ayant disparu dans les allées tournantes ; et je lui fis une vraie déclaration, longue, douce, en lui pressant et lui baisant les doigts. Elle écoutait cela comme une chose agréable et nouvelle, sans bien savoir ce qu'elle en devait croire.
            Je finissais par me sentir troublé, par penser ce que je disais ; j'étais pâle, oppressé, frissonnant ; et, doucement, je lui pris la taille.
            Je lui parlais tout bas dans les petits cheveux frisés de l'oreille. Elle semblait morte, tant elle restait rêveuse.
            Puis sa main rencontra la mienne et la serra ; je pressai lentement sa taille d'une étreinte tremblante et toujours grandissante ; elle ne remuait plus du tout ; j'effleurais sa joue de ma bouche ; et tout à coup mes lèvres, sans chercher, trouvèrent les siennes. Ce fut un long, long baiser ; et il aurait encore duré longtemps, si je n'avais entendu " hum, hum " à quelques pas derrière moi.
            Elle s'enfuit à travers un massif. Je me retournai et j'aperçus Rivet qui me rejoignait.
            Il se campa au milieu du chemin, et, sans rire : " Eh bien ! c'est comme ça que tu arranges l'affaire de ce cochon de Morin ? "
            Je répondis avec fatuité : " On fait ce qu'on peut, mon cher. Et l'oncle ? Qu'en as-tu obtenu ? Moi, je réponds de la nièce. "
            Rivet déclara : " J'ai été moins heureux avec l'oncle. "
            Et je lui pris le bras pour rentrer.


                                                                           III

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            Le dîner acheva de me faire perdre la tête. J'étais à côté d'elle et ma main sans cesse rencontrait sa main sous la nappe ; mon pied pressait son pied ; nos regards se joignaient, se mêlaient.
            On fit ensuite un tour au clair de lune et je lui murmurai dans l'âme toutes les tendresses qui me montaient du coeur. Je la tenais serrée contre moi, l'embrassant à tout moment, mouillant mes lèvres aux siennes. Devant nous, l'oncle et Rivet discutaient. Leurs ombres les suivaient gravement sur le sable des chemins.
            On rentra. Et bientôt l'employé du télégraphe apporta une dépêche de la tante annonçant qu'elle ne reviendrait que le lendemain matin, à sept heures, par le premier train.
            L'oncle dit : " Eh bien, Henriette, va montrer leurs chambres à ces messieurs. " On serra la main du bonhomme et on monta. Elle nous conduisit d'abord dans l'appartement de Rivet, et il me souffla dans l'oreille : Pas de danger qu'elle nous ait menés chez toi d'abord. " Puis elle me guida vers mon lit. Dès qu'elle fut seule avec moi, je la saisis de nouveau dans mes bras, tâchant d'affoler sa raison et de culbuter sa résistance. Mais, quand elle se sentit tout près de défaillir, elle s'enfuit.
            Je me glissai entre mes draps, très contrarié, très agité, et très penaud, sachant bien que je ne dormirais guère, cherchant quelle maladresse j'avais pu commettre, quand on heurta doucement ma porte.
            Je demandai : " Qui est là ? "
            Une voix légère répondit : " Moi. "
            Je me vêtis à la hâte ; j'ouvris ; elle entra. " J'ai oublié, dit-elle, de vous demander ce que vous prenez le matin : du chocolat, du thé, ou du café ? "
            Je l'avais enlacée impétueusement, la dévorant de caresses, bégayant : " Je prends... je prends... je prends... " Mais elle me glissa entre les bras, souffla ma lumière et disparut.
            Je restai seul, furieux, dans l'obscurité, cherchant des allumettes, n'en trouvant pas. J'en découvris enfin et je sortis dans le corridor, à moitié fou, mon bougeoir à la main.
            Qu'allais-je faire ? Je ne raisonnais plus ; je voulais la trouver ; je la voulais. Et je fis quelques pas sans réfléchir à rien. Puis je pensai brusquement : " Mais si j'entre chez l'oncle ? que dirais-je ?... " Et je demeurai immobile, le cerveau vide, le coeur battant. Au bout de plusieurs secondes, la réponse me vint :
 " Parbleu ! je dirai que je cherchais la chambre de Rivet pour lui parler d'une chose urgente. "
            Et je me mis à inspecter les portes, m'efforçant de découvrir la sienne, à elle. Mais rien ne pouvait me guider. Au hasard, je pris une clef que je tournai. J'ouvris, j'entrai... Henriette, assise dans son lit, effarée, me regardait.
            Alors je poussai doucement le verrou ; et, m'approchant sur la pointe des pieds, je lui dis ;: " J'ai oublié, mademoiselle, de vous demander quelque chose à lire. " Elle se débattait ; mais j'ouvris bientôt le livre que je cherchais. Je n'en dirai pas le titre. C'était vraiment le plus merveilleux des romans, et le plus divin des poèmes.
            Une fois tournée la première page, elle me le laissa parcourir à mon gré ; et j'en feuilletai tant de chapitres que nos bougies s'usèrent jusqu'au bout.                                                            abardel.free.fr
            Puis, après l'avoir remerciée, je regagnais, à pas de loup, ma chambre, quand une main brutale m'arrêta, et une voix, celle de Rivet, me chuchota dans le nez : " Tu n'as donc pas fini d'arranger l'affaire de ce cochon de Morin ? "
            Dès sept heures du matin, elle m'apportait elle-même une tasse de chocolat. Je n'en ai jamais bu de pareil. Un chocolat à s'en faire mourir, moelleux, velouté, parfumé, grisant. Je ne pouvais ôter ma bouche des bords délicieux de sa tasse.
            A peine la jeune fille était-elle sortie que Rivet entra. Il semblais un peu nerveux, agacé comme un homme qui n'a guère dormi ; il me dit d'un ton maussade : " Si tu continues, tu sais, tu finiras par gâter l'affaire de ce cochon de Morin. "
            A huit heures, la tante arrivait. La discussion fut courte. Les braves gens retiraient leur plainte, et je laisserais cinq cents francs aux pauvres du pays.
            Alors, on voulut nous retenir à passer la journée. On organiserait même une excursion pour aller visiter des ruines. Henriette derrière le dos de ses parents me faisait des signes de tête : " Oui, restez donc. "
J'acceptais, mais Rivet s'acharna à s'en aller.
            Je le pris à part ; je le priai, je le sollicitai ; je lui disais : " Voyons, mon petit Rivet, fais cela pour moi." Mais il semblait exaspéré et me répétait dans la figure ; " J'en ai assez, entends-tu, de l'affaire de ce cochon de Morin. "
            Je fus bien contraint de partir aussi. Ce fut un des moments les plus durs de ma vie. J'aurais bien arranger cette affaire-là pendant toute me existence.
            Dans le wagon, après les énergiques et muettes poignées de main des adieux, je dis à Rivet : " Tu n'es qu'une brute. " Il répondit : " Mon petit, tu commences à m'agacer bougrement. "
            En arrivant aux bureaux du " Fanal ", j'aperçus une foule qui nous attendait... On cria dès qu'on nous vit : " Eh bien avez-vous arrangé l'affaire de ce cochon de Morin ? "
            Tout La Rochelle en était troublé. Rivet, dont la mauvaise humeur s'était dissipée en route, eut grand-peine à ne pas rire en déclarant : " Oui, c'est fait, grâce à Labarbe. "
            Et nous allâmes chez Morin.
            Il était étendu dans un fauteuil, avec des sinapismes aux jambes et des compresses d'eau froide sur le crâne, défaillant d'angoisse. Et il toussait sans cesse, d'une petite toux d'agonisant, sans qu'on sût d'où lui était venu ce rhume. Sa femme le regardait avec des yeux de tigresse prête à le dévorer.
            Dès qu'il nous aperçut, il eut un tremblement qui lui secouait les poignets et les genoux. Je dis :          " C'est arrangé, salaud, mais ne recommence pas. "
            Il se leva, suffoquant, me prit les mains, les baisa comme celles d'un prince, pleura, faillit perdre connaissance, embrassa Rivet, embrassa même Mme Morin qui le rejeta d'une poussée dans son fauteuil.
            Mais il ne se remit jamais de ce coup-là, son émotion avait été trop brutale.
            On ne l'appelait plus dans toute la contrée que " ce cochon de Morin ", et cette épithète le traversait comme un coup d'épée chaque fois qu'il l'entendait.
            Quand un voyou dans la rue criait : " Cochon ", il retournait la tête par instinct. Ses amis le criblaient de plaisanteries horribles, lui demandant chaque fois qu'ils mangeaient du jambon : " Est-ce du tien ? "
            Il mourut deux ans plus tard.
            Quant à moi, me présentant à la députation, en 1875, j'allai faire une visite intéressée au nouveau notaire de Tousserre, Me Belloncle. Une grande femme opulente et belle me reçut.
            - Vous ne me reconnaissez pas ? dit-elle. "
            Je balbutiai :
            -  Mais... non... madame.
            - Henriette Bonnel.
            - Ah !
            Et je me sentis devenir pâle.
            Elle semblait parfaitement à son aise, et souriait en me regardant.
            Dès qu'elle m'eut laissé seul avec son mari, il me prit les mains, les serrant à les broyer :
            - Voici longtemps, cher monsieur, que je veux aller vous voir. Ma femme m'a tant parlé de vous. Je sais... oui je sais en quelle circonstance douloureuse vous l'avez connue, je sais aussi comme vous avez été parfait, plein de délicatesse, de tact, de dévouement dans l'affaire.
            Il hésita, puis prononça plus bas, comme s'il eût articulé un mot grossier ;
            - Dans l'affaire de ce cochon de Morin.


                                                                                               Maupassant
                                
                                                                                       ( in Les contes de la bécasse )
         
   

mercredi 30 septembre 2015

Gare - L'Antiphilosophe - Tristan Tzara ( Poèmes France )




03varvara.wordpress.com
                                        Gare

            danse crie casse
            roule j'attends sur le banc
            tout-de-même quoi ? les nerfs sont silences
            d'instants coupés

            lis tranquillement
            virages
            le journal
            regarde qui passe ?

            je ne sais pas
            si je suis tout seul
            la lumière écoute mais de quel
            côté et pourquoi
                                                                                                      biddingtons.com
Résultat de recherche d'images pour "gontcharova"            le vol d'un oiseau qui brûle
            est ma force virile sous la coupole
            je cherche asile au fond flamboyant
            volant du rubis

            j'ai donné mon âme
            à la pierre blanche
            dieu sans réclame
            précis et sage

            ordre en amitié
            dire : la douleur du feu
            a noirci mes yeux
            et je les ai jetés dans la cascade

            partir
            vois mon visage
            dans le cercle du soir ou dans la valise
            ou dans la cage neige

            je pars ce soir
            l'étincelle pleure
            dans mon lit dans l'usine
            hurlent les chiens et les jaguars
                                                                                                                                  liepa.ru
Résultat de recherche d'images pour "gontcharova"            as-tu aussi donné ton âme
            à la pierre bracelet
            saltimbanque au crâne oblong
            mon frère monte

            je fus honnête
            soeur infini
            fini pour cette
            nuit

            coeurs des pharmacies plantes
            s'ouvrent aux lueurs sphéroïdales
            et les liqueurs de la religion c'est vrai
            les lions et les clowns


                                                             °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

                                         Monsieur AA l'antiphilosophe

            Je m'appelle maintenant tu.                                                                   junglekey.fr
            Je suis meublée et maison de Paris.
            La physique moderne applique des gâteaux aux tu
            sais mon cher ami et c'est affreux la physique
            moderne cache-nez de l'astronomie NOUS donne à
            chacun la possibilité d'avoir sa physique moderne.
            Je connais un bonhomme Glzgl.
            Derrière allemand au parapluie Zurich,
            l'art n'est plus une maladie depuis que j'ai gagné
            100 000 francs.
            Maison de Paris, je suis très belle.
            Bien imprimée.
            Tous les présidents du mouvement Dada sont fous, je
            vous assure.
            Monsieur As l'antiphilosophe Je-Tu tue, affirme de
            plus en plus que, sans ailes, sans dada, il est comme il
            est, que voulez-vous, il oublie oublie les jambes et la
            voix dans le lit, oublie l'oubli et devient intelligent.
            Quel jeune homme intelligent !

                                                    II

            Crache-acide stylo-geste le bain est amer deux cuillers
            par jour de baiser de St-Saint.
            La ouate est blanche indispensable et le dégoût de
            moi-même très profond.
            On tousse : voilà les cailloux des étoiles. Le chat est
            tranquille sur le poêle du bijoutier.
            La sculpture à l'huile servie à la campagne est une
            campagne nommée Paysage. On est tranquille au                                  annegelinasjoly.tumblr.com
            moins.
            Mais je ne crois pas.
            Pas du tout.
            Papa maman sont des poupées.
            Voilà ; c'est-à-dire : Zizi de Dada est un jeune homme
            très intelligent.

                                                    III

            Depuis que je dors, depuis que je parle, depuis que je
            vole plus des fourrures à l'Opéra.
            Le chemin de la respiration se termine dans un arbre
            d'où l'on extrait l'encre de Chine et cela finit toujours
            par un poème et un dessin.
            Fume la cigarette en poils de mort.
            Le cigare des poumons d'oiseaux abattus.
            Le consul de l'amour ne fait plus l'amour, 35 à 36 ans.
            Déjà ?
            Assez de phrases pastilles. Assez chroniques. Yeux
            gonflée dans la bouche de ventouse.

                                                      IV

            Le train entre dans le gosier, fini l'amusement, me dit
            Aa, le Monsieur à l'oreille gauche, tout s'explique, il
            n'ose plus mourir, la profondeur de l'atmosphère où il
            vit le rend ridicule et le ridicule n'est pas un adjectif
            concluant. Il pousse, laissez-le. Pater Domini syno-
            nyme. Cachez-le dans les éponges de votre odorat mis
            à part. Enregistrer au iodoforme la puissance des HP,
            nouveau gramophone-réservoir, paraît-il. On ne sait
            pas exactement. J'ai dit tant de mensonges qu'il n'y a
            plus que des vérités au monde. On boit le reste, ce
            qu'il y a entre timbre-poste et enveloppe, là, cherchez,
            vous trouverez Monsieur Aa s'amusant avec ses                             ressources-aa.blogspot.com
Résultat de recherche d'images pour "jean arp"            microbes. Il les craque avec un casse-noisettes comme
            des puces en fer d'étain. Il leur met des chemises de
            nuit. Et enregistre la vitesse des mots parlés à l'heure
            et à la minute. Mais eux, ils ont une montre spéciale
            qui marche beaucoup plus vite que la nôtre et fait
            moins de bruit.

                                                         V                                              
                                                                                                 
            En avant par la méthode des chemins de fer, on
            finira bien par la goutte explique tout joli garçon est
            toujours bien habillé naturellement supplément pour
            les premières somnambule vérifié imaginez-vous ma
            chère j'ai vu une grenouille dans le carburateur et moi
            j'ai aperçu le mouvement Dada perché dans les cara-
            vansérails du Champ-de-Mars.

                                                                           1920

                                                                                                           Tristan Tzara
            

mardi 29 septembre 2015

La Triomphante Teresa Cremisi ( autobiographie France )

couverture

                                      La Triomphante

            C'est le récit d'une passagère qui écrit un court roman de sa vie. Née à Alexandrie, fille unique d'un père homme d'affaires qui, ruiné lors des nouvelles lois imposées à l'Egypte, emmène sa femme, passeport britannique bien que n'ayant jamais mis les pieds en Angleterre, sculpteur assez connue en Europe, et sa fille obligée d'arrêter ses études un an avant le bac, en Italie où la famille avait l'habitude de se rendre, l'été. Rome d'abord, mais l'argent passé hors circuit officiel ne permet pas d'acheter un logement correspondant à leur ancienne position sociale. Ce sera à Milan qu'ils poseront leurs valises et alors que la santé de la mère décline, la jeune fille montre une adresse imprévue pour se mouvoir en société, d'abord en trouvant seule une école qui lui permettra de rattraper et terminer ses études et en s'adaptant à un entourage qui ne sera malveillant que si elle se montre trop... empressée auprès des professeurs, précise sur ses sentiments personnels... Tous trois parlent plusieurs langues, anglais, italien, grec français, arabe. Lectrice omnivore, la jeune Teresa s'imprègne de Lawrence d'Arabie, d'Homère et de Mosca, et obstinée trouve un poste dans un journal, au service culturel. Sans religion, elle pense cependant être catholique, ce qui ne semble pas tout à fait exact, et son père qui est-il ? Secrets de famille non résolus. Sa situation évolue au sein du groupe, puis à la suite de rachats de sociétés elle arrive en France où elle travaille jusqu'à sa retraite, ou semi-retraite. La Triomphante, goélette préférée d'un navigateur du 19è siècle l'accompagne dans ses recherches sur les batailles navales durant les mois passés à Venise. " ..... La Loi et l'Ordre m'agacent même si je suis vieille. Je constate qu'un des problèmes de la vieillesse, sauf maladie ou ramollissement cérébral, c'est que l'on vieillit jeune et, même, on meurt jeune. La jeunesse revient comme un souffle chaud parce que les contraintes sociales se sont évaporées..... " Mais une vie sociale, une carrière, menées avec une prudence avouée. Jolie livre, nostalgie des douceurs passées méditerranéennes.

mardi 22 septembre 2015

Un Amour Impossible Christine Angot ( roman France )



                                   Un amour impossible

            Les années cinquante à Châteauroux. Rachel vit avec sa mère, sa grand-mère est proche aussi oncles tantes et cousins également, petite communauté. Son père, son grand-père absents, voyagent, le foyer pauvre. Rachel travaille à la Sécurité Sociale, sort danser. Une rencontre imprévue, Pierre érudit bourgeois parisien. Et Christine naît. Pierre ne voulait pas se marier, plus tard il dira " ..... Si t'avais été riche j'aurais peut-être réfléchi.... " L'auteur raconte sa vie d'enfant " .... née de père inconnu.... " Rue de l'Indre dans la maison sans confort mais avec un grand jardin, la vie est douce, les femmes s'aiment, les enfants jouent, l'école est proche, et la vie de mère célibataire est acceptée. " La maison était chauffée par un poêle à charbon qui se trouvait dans la cuisine. C'était  tout. " Rachel et Pierre correspondent, ils ont de bons souvenirs, et Rachel tente désespérément de lui arracher la reconnaissance de sa paternité. Mais Pierre très admiratif de son père, directeur chez Michelin, pourrai-il donner son nom à une enfant, le sien, qui se nomme Schwartz,  une enfant de mère juive ? N'importe les premières années de Christine sont bonnes malgré l'absence du père, une nouvelle situation pour Rachel et elles déménagent. Vie dans un appartement, nouvelle école, des camarades plus riches, mais Rachel pas à court d'idées réussit à offrir un joli anniversaire à Christine qui aime beaucoup sa mère, qu'elle admire, surtout ses mains " .... tu as de belles mains maman.... "
Nouvelle situation pour Rachel, un poste à Reims. Pierre est à Strasbourg, elle obtient la reconnaissance en paternité après une très longue discussion. Le livre conte l'histoire de Christine qui admire sa mère, qui admire Pierre qui admire son père. Jusqu'au deux tiers du livre, on ne reconnait pas l'écriture de l'auteur, calme, puis elle se reprend. Les conséquences dévastatrices sur l'enfant des rencontres régulières avec un père à qui a été arrachée cette reconnaissance et qui assiste à l'amour fougueux que porte Christine à sa mère. L'amorce, un regard par-dessus un journal. Dans les toutes dernières pages des explications entre la mère et la fille éclairent peut-être l'attitude indéfendable du père qui a fait preuve de vanité, et de cruauté. Et peut-être ".... Je l'aimais. Est-ce qu'on peut dire pourquoi on aime.... A partir du moment où il est entré dans ma vie... je le voyais pas en sortir....... - .... Tu veux que je te dise ce que je pense ? .... Et pourquoi je pleure ?..... Tu attendais d'en rencontrer un méchant..... " Un très bon livre, très réussi. Mériterait bien un des prix de cette rentrée littéraire. -- Christine Angot reçoit le prix Décembre 2016.



lundi 21 septembre 2015

Correspondance Proust de Lauris ( Lettres France )

                                   à Georges de Lauris
                                                                                                   fin juillet 1903

            Cher ami,                                                                                                   le-livre.com
Résultat de recherche d'images pour "jesuites"            Après le départ d'Albu, je me remets à penser à vos sacrées lois, et dans un état de dépression et de stupidité inouï, peut-être inséparable du parti dont je me fais l'avocat, je note les humbles petites réflexions, à peine réflexions de simple sens commun, très au-dessous d'Yves Guyot et j'ose le dire du degré d'altitude où s'étaient jusqu'ici situées nos discussions sur ce sujet. Aussi déchirez vite cette lettre, je rougirais trop que quelqu'un puisse la lire ! Je n'ai jamais pensé jusqu'ici qu'aux vertus et aux dangers du christianisme et à son droit à l'existence et à la liberté, mais j'essaye maintenant de descendre à l'organisme même de vos lois et à ce qu'elles peuvent représenter pour vous. Je ne me rends pas compte du tout de ce que vous voulez. Est-ce faire " une " France ( comme vos idées subsidiaires sur Saint-Cyr et celles-là trop spéciales pour que je puisse les discuter, semblent le faire supposer ) je ne pense pas que vous souhaitiez tous les Français pareils, rêve heureusement irréalisable puisqu'il est stupide, mais sans doute vous désirez que tous les Français soient amis ou du moins puissent l'être en-dehors des causes particulières et individuelles qu'ils pourront avoir de se haïr et ainsi qu'aucune inimitié a priori ne puisse, le cas échéant, fausser l'oeuvre de la justice comme il y a quelques années. Et vous pensez que les écoles libres apprennent à leurs élèves à détester les francs-maçons et les Juifs ( ce soir c'est en effet plus particulièrement l'enseignement qui a paru, joint à la présence d'Albu, éveiller votre colère jusqu'à vous faire mettre ma bonne foi en doute touchant Cochin, etc.) et il est vrai que depuis quelques années dans un monde sorti de ces écoles on ne reçoit plus de Juifs ce qui nous est égal en soi mais ce qui est le signe de cet état d'esprit  dangereux où a grandi l'Affaire. Mais je vous dirai qu'à Illiers, petite commune où mon père présidait avant-hier la distribution des prix, depuis les lois de Ferry on n'invite    plus le curé à la distribution des prix. On habitue les élèves à considérer ceux qui le fréquentent comme des gens à ne pas voir et de ce côté-là tout autant que de l'autre on travaille à faire deux France, et moi qui me rappelle ce petit village tout penché vers la terre avare, et mère d'avarice, où le seul élan vers le ciel souvent pommelé de nuages mais souvent aussi d'un bleu divin et chaque soir transfiguré au couchant de la Beauce, où le seul élan vers le ciel est encore celui du joli clocher de l'église, moi qui me rappelle le curé qui m'a appris le latin et le nom des fleurs de son jardin, moi surtout qui connaît la mentalité du beau-frère de mon père adjoint anticlérical  de là-bas qui ne salue plus le curé depuis les décrets et L'Intransigeant mais qui depuis l'Affaire y a ajouté La Libre Parole, il me semble que ce n'est pas bien que le vieux curé ne soit plus invité à la distribution des prix comme représentant dans le village quelque chose de plus difficile à  illiers-   combray.chez-alice.fr                                
Résultat de recherche d'images pour "auguste comte"
                           définir que l'Office social symbolique par le pharmacien, l'ingénieur des tabacs retiré et l'opticien mais qui est tout de même assez respectable, ne fût-ce que pour l'intelligence du joli clocher spiritualisé qui pointe vers le couchant et se fond dans ses nuées roses avec tant d'amour et qui tout de même à la première vue d'un étranger débarquant dans le village a meilleur air, plus de noblesse, plus de désintéressement, plus d'intelligence et, ce que nous voulons, plus d'amour que les autres constructions si votées soient-elles par les lois les plus récentes. En tout cas le fossé entre vos deux France s'accentue à chaque nouvelle étape de la politique anticléricale et c'est bien naturel. Seulement ici vous pouvez répondre ceci : si vous avez une tumeur et vivez avec, pour l'enlever je suis obligé de vous rendre très malade, je vous donnerai la fièvre, vous ferez une convalescence mais au moins après vous serez bien portant. C'était d'ailleurs mon raisonnement pendant l'Affaire. Si donc je pensais que les congrégations enseignantes détruites le ferment de haine entre les Français le serait aussi, je trouverais très bien de le faire, mais je pense exactement le contraire. D'abord il est trop clair que tout ce que nous pouvons détester dans le cléricalisme, d'abord l'antisémitisme et pour mieux dire le cléricalisme lui-même s'est entièrement dégagé des dogmes et de la foi catholique. Alphonse Humbert, Cavaignac, radicaux antisémites me paraissent des gens dont il ne faut pas faire souche. Et les prêtres je ne dis même pas dreyfusards mais tolérants me paraissent des gens tolérables exactement dans la mesure où ils sont tolérants. Aujourd'hui ( et c'est la honte du catholicisme d'accepter leur appui, mais rappelons-nous que nous avons accepté Gohier et combien d'autres, des méchants aussi et des antisémites au fond ) les grands électeurs du catholicisme ne sont pas croyants et les cléricaux s'en fichent car ils savent qu'un curé de campagne, qu'un moine, qu'un évêque, qu'un pape peuvent marcher avec le gouvernement, mais qu'un rédacteur à La Libre Parole ne le peut pas et les  travel.org        absolvent entièrement de ne pas aller à l'église, d'insulter à peu près tout le clergé et le pape d'abord. Les congrégations parties, le catholicisme éteint en France ( s'il pouvait s'éteindre, mais ce n'est pas par les lois que les idées et les croyances dépérissent, mais quand ce qu'elles avaient de vérité et d'utilité sociale se corrompt ou diminue ), les cléricaux incroyants d'autant plus violemment antisémites, antidreyfusards, antilibéraux, seraient aussi nombreux et cent fois pires. Les maîtres ( professeurs des écoles ) fussent-ils mauvais ce n'est pas l'influence des maîtres qui forme les opinions des jeunes gens ( excepté pour ceux qui vont jusqu'à l'enseignement supérieur et qui alors sont aussi fervents adeptes d'un Boutroux, ou même d'un Lavisse qu'ils sortent de Stanislas ou de Condorcet ) c'est la Presse. Au lieu de restreindre la liberté de l'enseignement, si l'on pouvait restreindre la liberté de la Presse on diminuerait peut-être un peu les ferments de division et de haine, mais le "protectionnisme intellectuel " ( dont les lois actuels sont une forme méliniste cent fois plus odieuse que Méline ) aurait bien des inconvénients  aussi et dans tout cela nous ne parlons que des autres, de ceux qui nous haïssent mais nous-mêmes nous avons donc le droit de haïr ? Et une seule France ça ne voudra pas dire l'union de tous les Français mais la domination, etc., Je n'en puis plus. Je veux prendre un exemple où il n'y a aucune haine et au contraire une petite malice gentille de vous et de Bertrand. Quand Bertrand rigole en pensant à des " religieuses " obligées de voyager, quand vous êtes agacé en voyant un clérical lire La Libre Parole, tout de même votre état d'esprit sans être atroce, n'est pas sensiblement différent de celui d'un officier très gentil agacé de voir un Juif dans un wagon qui lit L'Aurore et qui à son tour lit La Libre Parole, croyez que pour les intelligences qui ne s'ouvriront pas, le maître c'est Écho, c'est L'Eclair, c'est le journal où la société qui à son tour alimente et forme les conversations, les idées, si cela peut s'appeler ainsi dans cette société, et pour l'intelligence qui s'ouvre c'est le Maître en Sorbonne ou l'abbé à " idées modernes ", et alors qu'il soit né Fénelon, Radziwill, Lauris, Gabriel de La Rochefoucauld, Guiche ou simplement Marcel Proust les idées sont pareilles ( ou même celles des congréganistes plus avancés ).  tripadvisor.org         Soyez sûrs que le fait d'exiger la Licence ès lettres pour le service militaire a plus fait pour la cause de la République libérale avancée, que toutes les expulsions de moines. Les autres, ceux qui n'ont pas " travaillé " en restent aux idées politiques de leur société, c'est-à-dire de leurs journaux. Du reste tout cela n'effleure même pas la question. Et elle est moins simple que vous ne croyez. Ainsi nous parlons, et moi le premier et Albu de même, très légèrement des Jésuites. Or si nous étions plus instruits nous saurions sur les Jésuites des choses qui donnent à réfléchir notamment celle-ci qu'Auguste Comte, que le Général André admire mais qu'il connaît sans doute imparfaitement, avait une telle admiration pour l'Ordre des Jésuites, et croyait tellement que rien en France ne pourrait être fait de bon que par eux qu'il s'aboucha avec le Général de l'Ordre pour fondre en une seule organisation l'école positiviste et l'ordre des Jésuites. Le Général de l'Ordre se méfiant, les pourparlers échouèrent. On nous dit toujours que les monarchies absolues n'ont pu tolérer les Jésuites mais est-ce bien là quelque chose de très grave contre les Jésuites ? Tout de même, je crois qu'en fin      de compte je serais contre eux mais au moins que les anticléricaux fassent un peu plus de nuances et visitent au moins, avant d'y mettre la pioche, les grandes constructions sociales qu'ils veulent démolir. Je n'aime pas l'esprit jésuite mais enfin il y a une philosophie jésuite, un art jésuite, une pédagogie jésuite, y aura-t-il un art anticlérical, tout cela est beaucoup moins simple que cela ne paraît. Quel est l'avenir du catholicisme en France et dans le monde, je veux dire combien de temps et sous quelles formes son influence s'exercera-t-elle encore, c'est une question que nul ne peut même poser car il grandit en se transformant et depuis le dix-huitième sièce où il paraissait le refuge des Ignorantins, il a pris même sur ceux qui devaient le combattre et le nier une influence que n'aurait pu prévoir le siècle précédent. Même au point de vue de l'antichristianisme, de Voltaire à Renan le chemin parcouru ( parcouru dans le sens du catholicisme ) est immense. Renan est bien encore un antichrétien mais christianisé : " Graecia capta " ou plutôt " Christianimus captus ferum victorem cepistianit "* . Le siècle de Carlyle, de Ruskin, de Tolstoï même fût-il le siècle d'Hugo, fût-il le siècle de Renan ( et je ne dis même pas s'il devait jamais être le siècle de Lamartine ou de Chateaubriand ) n'est pas un siècle antireligieux. Baudelaire lui-même tient à l'Eglise au moins par le sacrilège, mais en tous cas cette question n'a rien à voir avec celle des écoles chrétiennes. D'abord parce que l'on ne tue pas l'esprit chrétien en fermant des écoles chrétiennes et que s'il doit mourir il mourra même sous une théocratie. Ensuite parce que l'esprit chrétien, et même le dogme catholique n'a rien à voir avec l'esprit de Parti que nous voulons détruire ( et que nous copions ). Je suis excédé et je vous serre la main en vous conjurant de brûler illico cette lettre idiote.
              Tout à vous.

                                                                                                        Marcel Proust

            Quant à Denys Cochin ( je ne parle pas d'Aynard qui est un homme admirable, un grand esprit ) il doit être, je suppose bien infecté de conservatisme, de réaction et de cléricalisme. Comme il parle admirablement et exprime les idées qui me plaisent et est d'autant plus libéral qu'en ce moment il ne désire naturellement que la liberté ( comme nous ne parlions que de justice et d'amour quand nous ne demandions qu'un acte de justice et d'amour ) ses discours m'enchantent. Je n'irais pas jusqu'à lui offrir un portefeuille mais un ministère soutenu par lui ne l'effraierait pas plus, quoique je sois très avancé, qu'en 1898 Monsieur de Witt quoique royaliste n'était effrayé d'un ministère soutenu par les collectivistes car l'intérêt pressant était alors de réviser les injustices du Gouvernement, si nous ne voulons pas qu'un formidable parti se dresse contre nous avec cette puissance de croissance qu'ont les partis qu'enfle la Justice ( exemple le socialisme dreyfusard ). En ce moment, les socialistes, en étant anticléricaux, font la même faute qu'en 1897 les cléricaux en étant antidreyfusards. Ils l'expient aujourd'hui, nous l'expierons demain.

* La Grèce conquise a conquis son farouche vainqueur

jeudi 17 septembre 2015

Jules Didier van Cauwelaert ( roman France )

Jules

                                       Jules

            Lorsque Alice, Zibal et Jules se rencontrèrent ce matin-là devant le stand Ladurée où la jeune femme choisissait des macarons ( manquait le parfum fraise tagada ) à l'aéroport de Roissy avant le départ du vol pour Nice, il fallait beaucoup d'imagination pour présumer de l'avenir qui les réunirait, surtout Jules maître absolu, il l'espérait, c'était son éducation, auprès d'Alice aveugle à la suite d'un très grave incident qui l'a perturbée jusque dans ses émotions face aux hommes. Une opération va opportunément l'obliger à revoir ses sentiments. La compagnie de  Fred sera-t-elle un frein ? Chien d'aveugle bien dressé Jules a évolué dans le milieu très aisé d'Alice, dominant saura-t-il vivre sans son harnais. La dépression le guette. Diverses péripéties, les marques d'affection lourdes ont renversé Zibal et le stand ce qui valut à ce dernier une mise à pied immédiate. Mais une chance peut-être pour ce chercheur qui expérimente entre autres la communication avec les yaourts, la domestication des bactéries ou traire les plantes qu'il cultive dans la baignoire, toutes expériences authentiques indique Van Cauwelaert en fin de volume. Le livre vif aborde des sujets actuels, trouver du travail en s'appelant Zibal de Frèges, y a-t-il une vie pour un chien d'aveugle après une rupture quelque peu brutale avec un maître, là aussi l'auteur nous dit impliqué depuis l'âge de douze ans par ce problème. Quelques chiens sont aussi dressés pour prévenir les crises d'épilepsie, Jules aurait-il cette faculté, un petit tour à Trouville nous l'apprendra. Zibal et Jules partirent à la recherche d'Alice, Alice pensait à Zibal qu'elle n'a jamais vu et qu'elle nomme Mr Macaron. Et Jules passa par le psy des chiens observé depuis sa fenêtre dans ses jeux dans les jardins du Palais Royal. Traversée de Paris. Joli livre, apprécié des adolescents aussi et des amoureux des animaux, épatant Jules et ses humeurs nourri parfois d'un poulet rôti et d'une religieuse. Pas si léger que ça, le roman.

            

mercredi 16 septembre 2015

Préssentiment d' Amérique Apollinaire ( Poème à Lou France )


                                           Pressentiment d'Amérique

            Mon enfant si nous allions en Amérique
                  dont j'ai toujours rêvé                                                                    wiktionary.org
            Sur un vaisseau fendant la mer des Antilles
            Et accompagné par une nuée de poissons volants
                dont les ailes nageoires palpitent de lumière
            Nous suivrons le fleuve Amazone en cherchant
                sa fée d'île en île
            Nous entrerons dans les grands marécages où
                des forêts sont noyées
            Salue les constrictors Entrons dans les reptilières
            Ouis l'oie oua-oua les singes hurlent les oiseaux cloches
            Vagues du Prororoca l'immense mascaret
            Le dieu de ces immensités les Andes les pampas
            Est dans mon sein aujourd'hui mer végétale                                    duskyswondersite.com
            Millions de grands moutons blonds qui
                 s'entrepoursuivent
            Les condors survenant neiges des Cordillères

            O cahutes d'ici nos pauvres reptilières
            Quand dira-t-on la guerre de naguère

                                                                                                   


                                                              Guillaume Apollinaire




                                

mardi 15 septembre 2015

Monnaies de sang Patricia Cornwell ( Roman EtatsUnis )




                                    Monnaies de sang

            Les lecteurs fidèles de Patricia Cornwell retrouvent une Kay Scarpetta, médecin légiste, et son mari, du FBI, un matin, quelques heures avant leur départ pour Miami pour de courtes vacances. Mois de juin dans leur jardin, des pièces de monnaie, sept, brillantes, toutes datées 1981 qui se révèle être l'année de naissance de Lucy dont on connaît les prouesses en matière de technologie et des secrets sur sa vie de femme richissime. Ce jour de juin est aussi le jour anniversaire de Scarpetta. Un meurtre est commis à quelques rues de la propriété semblable à deux autres commis dans le New Jersey. Balles tirées d'une hauteur et d'une distance inhabituelles. Policiers et FBI en désaccord depuis l'attentat de Boston, des éléments connus et pas divulgués par ces derniers auraient évité le massacre, jalousie aussi entre deux inspecteurs, Marino toujours bougon, brise l'enquête sur la mort du professeur musicien. Les efforts très poussés des assureurs afin d'éviter de payer les primes dues, leur enquêteur semble avoir partie liée avec des agents immobiliers. Tout ce monde se croise sur les routes de la maison Scarpetta Benton à Cambridge à Boston, ce 12 juin. Patricia Cornwell, à son habitude détaille avec minutie le temps, les itinéraires en ce jour de visite d'Obama à Boston, les vêtements de chacun, et surtout la technique. Une erreur informatique est en partie peut-être à l'origine du meurtre du musicien. Peu à peu se dégage l'idée de l'emprise d'un être sur un autre et qui chercherait à éliminer tout ce qui gêne. Un bon roman policier si on suit, livre après livre les aventures des héros, avec un petit garçon peut-être présent dans le prochain livre : " .... Tu as déjà eu sept ans tante Kay ?.... "