lundi 11 décembre 2017

Ce que c'est que la mort Victor Hugo ( Poèmes France )


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                                            Ce que c'est que la mort
                                                                                                                      louyehi.wordpress.com
            Ne dites pas : mourir ; dîtes : naître. Croyez.
            On voit ce que je vois et ce que vous voyez ;
            On est l'homme mauvais que je suis, que vous êtes ;
            On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fêtes ;
            On tâche d'oublier le bas, la fin, l'écueil,
            La sombre égalité du mal et du cercueil ;
            Quoique le plus petit vaille le plus prospère ;
            Car tous les hommes sont les fils du même père ;
            Ils sont la même larme et sortent du même oeil.
            On vit, usant ses jours à se remplir d'orgueil ;
            On marche, on court, on rêve, on souffre, on penche,                   
                                                                             on tombe,
            On monte. Quelle est donc cette aube ? C'est la tombe.
            Où suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnu
            Vous jette au seuil des cieux, On tremble ; on se voit nu,
            Impur, hideux, noué des mille noeuds funèbres
            De ses torts, de ses maux honteux, de ses ténèbres ;
            Et soudain on entend quelqu'un dans l'infini
            Qui chante, et par quelqu'un on sent qu'on est béni,                        louyehi.wordpress.com
            Sans voir la main d'où tombe à notre âme méchante
            L'amour, et sans savoir la voix qui chante.
            On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent
            Fondre et vivre ; et, d'extase et d'azur s'emplissant,
            Tout notre être frémit de la défaite étrange
            Du monstre qui devient dans la lumière un ange.


                                                                      Victor Hugo
                                   Au domaine de la tour Blanche, jour des Morts
                                                                                                      novembre 1854

dimanche 10 décembre 2017

Fromages Valerie Ferreira & Aimery Chemin ( Document France )

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                                        Fromages     

            Délicieux et merveilleux pour tous ceux qui préfèrent le salé plutôt que le sucré.
            Un bel album où les images des troupeaux de vaches, des alpages verts du Cantal et d'ailleurs; du savoir-faire du fromager et de la fromagère, tout porte à consulter pour le plaisir le livre qui comporte aussi et surtout des recettes appétissantes, environ soixante. Que sait-on des Salers, ces belles vaches brunes. Là-bas dans le Cantal, la jeune fermière a repris la ferme tenue par son père et son oncle, pourtant la traite de l'important troupeau est rude. Les vaches n'acceptent de donner leur lait qu'après la tétée de leur veau venu auprès de sa mère déjà au licou. Ensuite vient le travail du fromager qui livre la Fourme de Salers. Que dire des recettes ? Elles mettent en appétit les plus réfractaires au fromage.
            Camembert pané au seigle, ajouté 1 oeuf, un peu de farine, et un camembert.
            Cake de maïs au Sainte-Maure, ajouté 10 anchois, 2 brins de romarin, etc....
            Le pays basque offre le lait de chèvres des Pyrénées, biologique et en petite quantité à la ferme de Pedronia d'Anita Duhau.
            Fondre pour l'aligot à la tome fraîche de l'Aubrac, avec ail et ciboulette.
            Encore un mélange :
            Aubergines confites à l'agneau et au bleu de Sassenage.
            Et enfin le casting ! Préparer un plateau de fromages "........ Qui dit repas de bons vivants et de fines bouches, dit forcément plateau de fromage....... " Des pâtes fraîches ou persillées, choisir les produits en fonction des saisons. De bons conseils, un livre chargé de belles recettes. Bon appétit!....

samedi 9 décembre 2017

Hanouka Michael J Rosen Robert Sabuda ( Document France )


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                                            Hanouka

            Les auteurs Rosen et Sabuda racontent sur 7 doubles pages joliment animées, la poignante histoire d'un peuple errant qui, il y a deux mille ans se battait pour conserver sa liberté. Pour purifier le temple après cette bataille les prêtres allumèrent une petite lampe à huile qui ne pouvait durer qu'une journée. Mais la petite flamme ne vacilla pas et resta vivace. Le 7è jour de Hanouka 8 petites bougies brillent sur le chandelier à 9 branches, et chaque jour de cette semaine est fêté avec joie. Quelques courtes réflexions pour accompagner l'animation. Un joli livre pour célébrer cette période où douceurs sur la table et cadeaux sont offerts aux enfants.

vendredi 8 décembre 2017

La nuit Guy de Maupassant ( Nouvelle France )



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                                                       La Nuit

            J'aime la nuit avec passion. Je l'aime comme on aime son pays ou sa maîtresse, d'un amour instinctif, profond, invincible. Je l'aime avec tous mes sens, avec mes yeux qui la voient, avec mon odorat qui la respire, avec mes oreilles qui en écoutent le silence, avec toute ma chair que les ténèbres caressent. Les alouettes chantent dans le soleil, dans l'air bleu, dans l'air chaud, dans l'air léger des matinées claires. Le hibou fuit dans la nuit, tache noire qui passe à travers l'espace noir, et, réjoui, grisé par la noire immensité, il pousse son cri vibrant et sinistre.
            Le jour me fatigue et m'ennuie. Il est brutal et bruyant. Je me lève avec peine, je m'habille avec lassitude, je sors avec regret, et chaque pas, chaque mouvement, chaque geste, chaque parole, chaque pensée me fatigue comme si je soulevais un écrasant fardeau.
            Mais quand le soleil baisse, une joie confuse, une joie de tout mon corps m'envahit. Je m'éveille, je m'anime. A mesure que l'ombre grandit, je me sens tout autre, plus jeune, plus fort, plus alerte, plus heureux. Je la regarde s'épaissir, la grande ombre douce tombée du ciel : elle noie la ville, comme une corde insaisissable et impénétrable, elle cache, efface, détruit les couleurs, les formes, étreint les maisons, les êtres, les monuments de son imperceptible toucher.
            Alors j'ai envie de crier de plaisir comme les chouettes, de courir sur les toits comme les chats; et un impétueux, un invincible désir d'aimer s'allume dans mes veines.
            Je vais, je marche, tantôt dans les faubourgs assombris, tantôt dans les bois voisins de Paris, où j'entends rôder mes soeurs les bêtes et mes frères les braconniers.

            Ce qu'on aime avec violence finit toujours par vous tuer. Mais comment expliquer ce qui m'arrive ? Comment même faire comprendre que je puisse le raconter ? Je ne sais pas, je ne sais plus, je sais seulement que cela est. - Voilà.                           
            Donc hier, était-ce hier ? oui sans doute, à moins que ce ne soit auparavant, un autre jour, un autre mois,  une autre année, je ne sais pas. Ce doit être hier pourtant, puisque le jour ne s'est plus levé, puisque le soleil n'a pas reparu. Mais depuis quand la nuit dure-t-elle ? Depuis quand ?... Qui le dira? qui le saura jamais ?
            Donc hier, je suis sorti comme je fais tous les soirs, après mon dîner. Il faisait très beau, très doux, très chaud. En descendant vers les boulevards, je regardais au-dessus de ma tête le fleuve noir et plein d'étoiles découpé dans le ciel par les toits de la rue qui tournait et faisait onduler comme une vraie rivière ce ruisseau roulant des astres.
            Tout était clair dans l'air léger, depuis les planètes jusqu'aux becs de gaz.Tant de feux brillaient là-haut et dans la ville que les ténèbres en semblaient lumineuses. Les nuits luisantes sont plus joyeuses que les grands jours de soleil.
Résultat de recherche d'images pour "toulouse lautrec"            Sur le boulevard, les cafés flamboyaient ; on riait, on passait, on buvait. J'entrai au théâtre, quelques instants ; dans quel théâtre ? je ne sais plus. Il faisait si clair que cela m'attrista et je ressortis le coeur un peu assombri par ce choc de lumière brutale sur les ors du balcon, par le scintillement factice du lustre énorme de cristal, par la barrière du feu de la rampe, par la mélancolie de cette clarté fausse et crue. Je gagnai les Champs-Elysées où les cafés-concerts semblaient des foyers d'incendie dans les feuillages. Les marronniers frottés de lumière jaune avaient l'air peints, un air d'arbres phosphorescents. Et les globes électriques, pareils à des lunes éclatantes et pâles, à des oeufs de lune tombés du ciel, à des perles monstrueuses, vivantes, faisaient pâlir sous leur clarté nacrée, mystérieuse et royale les filets de gaz, de vilain gaz sale, et les guirlandes de verres de couleur.
 *           Je m'arrêtai sous l'Arc de Triomphe pour regarder l'avenue, la longue et admirable avenue étoilée, allant vers Paris entre deux lignes de feux, et les astres ! Les astres là-haut, les astres inconnus jetés au hasard dans l'immensité où ils dessinent ces figures bizarres, qui font tant rêver, qui font tant songer.
            J'entrai dans le bois de Boulogne et j'y restai longtemps, longtemps. Un frisson singulier m'avait saisi, une émotion imprévue et puissante, une exaltation de ma pensée qui touchait à la folie.
          Je marchai longtemps, longtemps. Puis je revins.
          Quelle heure était-il quand je repassai sous l'Arc de Triomphe ? Je ne sais pas. La ville s'endormait et des nuages, de gros nuages noirs s'étendaient lentement sur le ciel.
            Pour la première fois je sentis qu'il allait arriver quelque chose d'étrange, de nouveau. Il me sembla qu'il faisait froid, que l'air s'épaississait, que la nuit, que ma nuit bien-aimée, devenait lourde sur mon coeur. L'avenue était déserte, maintenant. Seuls, deux sergents de ville se promenaient auprès de la station des fiacres, et, sur la chaussée à peine éclairée par les becs de gaz qui paraissaient mourrants, une file de voitures de légumes allait aux Halles. Elles allaient lentement, chargées de carottes, de navets et de choux. Les conducteurs dormaient, invisibles, les chevaux marchaient d'un pas égal, suivant la voiture précédente, sans bruit, sur le pavé de bois. Devant chaque lumière du trottoire, les carottes s'éclairaient en rouge, les navets s'éclairaient en blanc, les choux s'éclairaient en vert ; et elles passaient l'une derrière l'autre, ces voitures rouges, d'un rouge de feu, blanches d'un blanc d'argent, vertes d'un vert d'émeraude. Je les suivis, puis je tournai par la rue Royale et revins sur les boulevards. Plus personne, plus de cafés éclairés, quelques attardés seulement qui se hâtaient. Je n'avais jamais vu Paris aussi mort, aussi désert. Je tirai ma montre. Il était deux heures.
            Une force me poussait, un besoin de marcher. J'allai donc jusqu'à la Bastille. Là, je m'aperçus que je n'avais jamais vu une nuit si sombre, car je ne distinguais même pas la colonne de Juillet, dont le Génie d'or était perdu dans l'impénétrable obscurité. Une voûte de nuages, épaisse comme l'immensité, avait noyé les étoiles, et semblais s'abaisser sur la terre pour l'anéantir.
            Je revins. Il n'y avait plus personne autour de moi. Place du Château-d'Eau, pourtant, un ivrogne faillit me heurter, puis il disparut. J'entendis quelque temps son pas inégal et sonore. J'allais. A la hauteur du faubourg Montmartre un fiacre passa, descendant vers la Seine. Je l'appelai. Le cocher ne répondit pas. Une femme rôdait près de la rue Drouot :
            - Monsieur, écout donc.
            Je hâtai le pas pour éviter sa main tendue. Puis plus rien. Devant le Vaudeville, un chiffonnier fouillait le ruisseau. Sa petite lanterne flottait au ras du sol. Je lui demandai :
            - Quelle heure est-il, mon brave ?
            Il grogna :
            - Est-ce que je sais ! J'ai pas de montre.
            Alors je m'aperçus tout à coup que les becs de gaz étaient éteints. Je sais qu'on les supprime de bonne heure, avant le jour, en cette saison, par économie ; mais le jour était encore loin, si loin de paraître !
            " Allons aux Halles, pensai-je, là au moins je trouverai la vie. "
            Je me mis en route, mais je n'y voyais même pas pour me conduire. J'avançais lentement,
comme on fait dans un bois, reconnaissant les rues en les comptant.         youtube.com 
            Devant le Crédit Lyonnais, un chien grogna. Je tournai par la rue de Grammont, je me perdis; j'errai, puis je reconnus la Bourse aux grilles de fer qui l'entourent. Paris entier dormait, d'un sommeil profond, effrayant. Au loin pourtant un fiacre roulait, un seul fiacre, celui peut-être  qui avait passé devant moi tout à l'heure. Je cherchais à le joindre, allant vers le bruit de ses roues, à travers les rues solitaires et noires, noires, noires comme la mort.
            Je me perdis encore. Où étais-je ? Quelle folie d'éteindre si tôt le gaz ! Pas un passant, pas un attardé, pas un rôdeur, pas un miaulement de chat amoureux. Rien.
            Où donc étaient les sergents de ville ? Je me dis : "
            " Je vais crier, ils viendront. "
            Je criai. Personne ne répondit.
            J'appelai plus fort. Ma voix s'envola, sans écho, faible, étouffée, écrasée par la nuit, par cette nuit impénétrable.
            Je hurlai :
            - Au secours ! au secours ! au secours.                                              
            Mon appel désespéré resta sans réponse. Quelle heure était-il donc ? Je tirai ma montre, mais je n'avais point d'allumettes. J'écoutai le tic-tac léger de la petite mécanique avec une joie inconnue et bizarre. Elle semblait vivre. J'étais moins seul. Quel mystère ! Je me remis en marche comme un aveugle, en tâtant les murs de ma canne, et je levais à tout moment les yeux vers le ciel, espérant que le jour allait enfin paraître ; mais l'espace était noir, tout noir, plus profondément noir que la ville.
            Quelle heure pouvait-il être ? Je marchais, me semblait-il, depuis un temps infini, car mes jambes fléchissaient sous moi, ma poitrine haletait, et je souffrais de la faim horriblement.
            Je me décidai à sonner à la première porte cochère. Je tirai le bouton de cuivre, et le timbre tinta dans la maison sonore ; il tinta étrangement comme si ce bruit vibrant eût été seul dans cette maison.
            J'attendis, on ne répondit pas, on n'ouvrit point la porte. Je sonnai de nouveau ; j'attendis encore, - rien !
            J'eus peur. Je courus à la demeure suivante, et vingt fois de suite je fis résonner la sonnerie dans le couloir obscur où devait dormir le concierge. Mais il ne s'éveilla pas, - j'allai plus loin, tirant de toutes mes forces les anneaux ou les boutons, heurtant de mes pieds, de ma canne et de mes mains les portes obstinément closes.
            Et tout à coup, je m'aperçus que j'arrivais aux Halles. Les Halles étaient désertes, sans bruit, sans un mouvement, sans une voiture, sans un homme, sans une botte de légumes ou de fleurs. - Elles étaient vides, immobiles, abandonnées, mortes !u
            Une épouvante me saisit, - horrible. Que se passaique se t-il ? Oh ! mon Dieu ! Que se passait-il ? Je repartis. Mais l'heure ? l'heure ? qui me dirait l'heure ? Aucune horloge ne sonnait dans les clochers ou dans les monuments. Je pensai ;
            " Je vais ouvrir le verre de ma montre et tâter l'aiguille avec mes doigts. "
Résultat de recherche d'images pour "toulouse lautrec"   **         Je tirai ma montre... elle ne battait plus... elle était arrêtée. Plus rien, plus rien, plus un frisson dans la ville, pas une lueur, pas un frôlement de son dans l'air. Rien ! plus rien ! plus même le roulement lointain du fiacre, - plus rien !
            J'étais aux quais, et une fraîcheur glaciale montait de la rivière.
            La Seine coulait-elle encore ?
            Je voulus savoir, je trouvai l'escalier, je descendis... Je n'entendais pas le courant bouillonner sous les arches du pont... Des marches encore... Pas du sable... de la vase... puis de l'eau... j'y trempai mon bras... elle coulait... froide... froide... froide... presque gelée... presque tarie... presque morte.
            Et je sentais bien que je n'aurais plus jamais la force de remonter... et que j'allais mourir là...
moi aussi, de faim - de fatigue - et de froid.

*   artinactiontoronto.com  ** geneastar.org
     


                                                                               Guy de Maupassant

                                                                               1è parution dans Gil Blas 1887
         
           

mardi 5 décembre 2017

Un jour je m'en irai sans avoir tout dit Jean d'Ormesson ( Roman France )


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                                                Un jour je m'en irai sans avoir tout dit

           Jean d'Ormesson , journaliste, romancier, agrégé de philosophie est mort ce 5 décembre. Il était âgé de 92 ans. Auteur populaire, tant auprès de ses lecteurs que par sa présence et ses passages à la télévision. " Un jour je m'en irai sans avoir tout dit " est surtout un livre de réflexions. Il revient sur son passé. Paru en 2013. Il note que n'étant ni Constant, ni Zola, il accepte de " n'être que lui-même ".
Tous les classiques et Dieu "...... L'univers m'embarrasse et je ne puis songer
                                                     Que cette horloge existe et n'ait point d'horloger...... "
            Par ailleurs quelques  têtes de chapître "Où Dieu, après avoir connu bien des épreuves, passe ses pouvoirs à l'homme - Où le portable prend la place du chapelet. " Dans ce chapître l'auteur note
" ........ Longtemps, demain a ressemblé à hier. Et puis, tout à coup, l'histoire a pris le mors aux dents..... " Des prophéties sur les prochaines aventures de ce monde "......Tout ce qu'il est permis d'affirmer, c'est qu'elles oscilleront entre miracle et effroi. " Lire la presse où les classiques, Dante, Homère, Péguy " ....... Rien n'est plus vieux que le journal de ce matin,  et Homère est toujours jeune. " Puis un jour, alors qu'il se baigne avec Marie "....... Nous nagions. Nous étions heureux...... La foudre, tout à coup me tombait sur la tête : Un jour viendrait où il me faudrait quitter cette terre, et l'idée était encore supportable, mais aussi cette mer et cette beauté. J'allais mourir. ". 
Jean d'Ormesson a souvent dit qu'il prononçait fréquemment le mot Merci "........ J'ai aimé la vie qui est une épreuve très cruelle et très gaie..... " Mais de la mort "....... Je ne crois après la mort ni à une âme immortelle...... ni à la résurrection de la chair........ Je crois à Dieu...... Je crois que le temps, mêlé à l'espace, est une bulle dont nous sommes prisonniers. Une parenthèse dans l'éternité........ "


samedi 2 décembre 2017

Méditation sur un manche à balai Jonathan Swift ( Nouvelle Irlande )

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                                               Méditation sur un manche à balai

                              Dans le style et la manière des méditations de l'Honorable Robert Boyl                                                                                                                                                                                                                                                                                                 
Image047.jpg               Ce simple bâton que vous voyez maintenant gisant sans gloire en ce  coin négligé, je le connus un jour en un état florissant dans une forêt ; il était plein de sève, plein de feuilles et plein de rameaux, mais aujourd'hui c'est en vain que l'art affairé de l'homme prétend rivaliser avec la nature en attachant ce fagot desséché de brindilles à un tronc sans sève ; il n'est maintenant, au mieux, que l'image à rebours de ce qu'il était, un arbre renversé, les branches à terre et les racines en l'air ; il est à présent manié par toutes les maritornes, condamné à accomplir leur ingrate besogne, et par une sorte de caprice du sort destiné à rendre les autres choses propres et à demeurer lui-même immonde ; finalement, usé jusqu'au trognon au service des chambrières, il se voit jeté à la porte ou condamné au dernier des usages, celui d'allumer le feu.  papillonsdemots.f
Image associéeRésultat de recherche d'images pour "balai fagot 18è siècle"**            A ce spectacle je me pris à soupirer et me dis à moi-même : " A n'en point douter l'homme est un manche à balai ! " La nature l'a mis au monde sain et vigoureux, dans un état de prospérité, portant sur sa tête ses propres cheveux, qui ne sont à vrai dire que les branches de ce végétal raisonnant, jusqu'à ce que la cognée de l'intempérance l'ait émondé de ses rameaux verdoyants et l'ait laissé tronc desséché ; il s'empresse alors de recourir à l'art, et met une perruque, attachant du prix à sa personne pour une touffe artificielle de cheveux ( tout couverts de poudre ) qui n'ont point poussé sur sa tête. Mais à présent, si ce manche à balai que voilà s'avisait d'entrer en scène, fier de ces dépouilles de hêtre qui n'ont point poussé sur lui, et tout couvert de poussière, même si ses balayures provenaient de la chambre de la plus belle dame, nous aurions quelque tentation de trouver ridicule et méprisable sa vanité. Mais un manche à balai, direz-vous peut-être, est la figuration d'un arbre dressé sur sa tête, et qu'est donc l'homme, je vous prie, sinon une créature mise à l'envers, ses propensions animales chevauchant perpétuellement ses facultés rationnelles, sa tête où devrait être ses pieds rampant à terre ? Et pourtant, en dépit de tous ses défauts, il s'érige en réformateur universel, prétend corriger les abus, abolir les injustices, fouille dans les coins répugnants de la nature, en ramenant à la clarté du jour toutes les pourritures ensevelies, et soulève des nuages de poussière là où il n'y en avait pas un atome ; ce faisant, il s'imprègne fortement des immondices qu'il prétend faire dispartaître, ses derniers jours se passant à être l'esclave des femmes, généralement des moins dignes, jusqu'à ce que, usé jusqu'au moignon, comme son frère le balai, il soit mis à la porte à coups de pied ou employé à allumer les flammes dont les autres se réchaufferont.      imgfave.com
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                                                              Jonathan Swift                               

                       Glocestershire 1702    in Oeuvres 
                                                                                  


mardi 28 novembre 2017

7 Façons d'être heureux Luc Ferry ( Document France )


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                                                  7 Façons d'être heureux

                                  ou les Paradoxes du bonheur

            Le bonheur, irréalisme, infime instant paradoxal, mais heureux, moments partagés, ouvrage accompli, contentement de soi. Réflexions, logique. Pourquoi ce sentiment de plénitude nous envahit-il de façon impromptue, Luc Ferry appelle un de ses penseurs préférés, Kant, et d'autres évidemment.
Eviter ce que Luc Ferry nomme " Les considérations valables seulement par beau temps..... " Le bouddhiste échappe-t-il aux désirs de tous ordres, toujours ? Et la liberté d'être, de penser , "...... les plantes et animaux sont d'emblée tout ce qu'ils sont appelés à devoir être de sorte qu'ils n'ont pas d'histoire..... seul l'homme, parce qu'il est néant...... possédera un itinéraire libre, non préformé par une nature..... " L'auteur dénonce ce qu'il appelle les marchands de bonheur, articles de journaux "..... On joue alors sur le registre narcissique .....d'une société...... " Tristan fidèle, Don Juan et ses multiples conquêtes, lucidité. Luc Ferry écrit "..... Il ne peut jamais y avoir d'amour heureux...... Selon la logique amoureuse du " soupirant " en effet, l'autre ( l'être aimé ) est tout et, par rapport à lui, l'amant n'est rien, tout juste un soupir........ Or dans la mythologie de Don Juan, c'est l'inverse, c'est le séducteur qui est tout, tandis que l'autre n'est rien......." Epicure, Pascal. Dans la conclusion d'un chapitre, Luc Ferry "....... Si l'on n'est pas croyant, si l'on ne se situe pas dans la perspective de l'immortalité, il vaut mieux, le plus tôt possible, distinguer entre la joie, qui est réelle mais éphémère, et le bonheur qui prétend à l'éternité, mais qui n'est qu'illusion...... " Par ailleurs l'auteur apprécie beaucoup la peinture, notamment hollandaise classique, note qu'admirer rend heureux et détaille l'idée. Et le sentiment de jalousie qui suit parfois. " ...... Hégel est à ma connaissance le premier philosophe à avoir parfaitement compris à quel point l'art hollandais était admirable, à quel point il marquait un tournant dans l'histoire des idées en tant que premier art sécularisé, laïc et de part en part humain...... " Le sport " événements quasi religieux..... relient entre eux des centaines de millions de spectateurs admiratifs...... " Dans le chapitre sur la liberté ".... Dès le XVIIIè sc Kant émettait le soupçon que la nature nous avait mal équipés pour le bonheur...... N'aurait-il pas mieux valu, à ce compte, que nous naissions chevreuil, ours ou lapin ( à condition évidemment qu'il n'y ait aucun chasseur à l'horizon.....) " L'un des chapitres " Apprendre et créer Souffrances et joies de la connaissance ". Luc Ferry note le double sens du mot Apprendre, " acquérir mais aussi transmettre "Enfin Athènes ou Sparte. Pour conclure " ..... C'est toujours dans les époques difficiles, dépressives, qu'il peut être utile de réfléchir à la question du sens...... C'est tout le problème éthico-politique...... nous sommes marqués par une irrémédiable finitude..... "
    
                         

lundi 27 novembre 2017

Journal secret 5 extraits fin Pouchkine ( Russie )

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                                                           Journal secret
                                                                             ( extraits )

            Pourquoi dit-on qu'un homme " prend " une femme et qu'une femme " se donne ", alors que c'est tout le contraire ?.........

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            La vie familiale de mes ancêtres a été assombrie par des jalousies terribles et des cruautés sans nom. De génération en génération cette cruauté a régressé. Mon arrière-grand-père a massacré sa femme, et Grand-père s'est contenté de faire emprisonner la sienne. Mon père ne s'est intéressé qu'à lui-même et ne s'est guère soucié de ma mère. Je fais le dernier pas. Malgré les ragots j'ai une profonde confiance en ma femme. Je boucle le cercle en complet contraste avec mon arrière-grand-père, et c'est moi, non ma femme, qui mourrai d'une mort violente.

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            A cause de sa stupidité je ne parlais que de choses simples avec Kern. Je n'étais intéressé que par son corps magnifique. Ce n'est pas ma faute si la majorité des femmes ne peuvent m'attirer qu'avec leur corps. Cependant, de temps à autre, je croise une femme pleine d'émotions et douée d'un esprit raffiné. C'est un plaisir de converser avec une telle femme, surtout après une partie déchaînée. Les rares femmes de cette epèce ne se plaignent jamais du fait que tout ce qui m'intéresse chez elles est leur corps, car elles voient bien que ce n'est pas vrai. Elles sont suffisamment intelligentes pour comprendre qu'une généralisation pareille prête à rire.
            Les femmes idiotes se refusent à admettre que l'intimité est une créature indépendante d'elles et que les hommes sont obligés d'avoir affaire à elles uniquement parce qu'elles en sont détentrices. Elles veulent plus que tout s'imposer aux hommes dans leur globalité.
            Plus puissant est le désir d'un homme, moins il est capable de faire la différence entre le mot femme et le mot intimité. La seule chose qui puisse lui ouvrir les yeux sur l'existence, chez une femme, de quelque chose en-dehors de son minon est le désir satisfait. C'est pourquoi la femme intelligente se donne à un homme avant toute chose, afin de libérer son imagination de sorte que, rassasié de plaisir il soit enfin en mesure d'apprécier son esprit, son talent, sa gentillesse et toute sa finesse...........

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            Le mariage a fait entrer dans ma vie des soucis d'argent sans fin, et ils croissent chaque année, avec chaque nouvel enfant. Cela induit que je suis chaque jour davantage sous l'emprise de gens que je déteste. Et en premier lieu du Tsar. Les usuriers me prêtent de l'argent sur la valeur des bijoux de N., le Tsar quant à lui me prête de l'argent sur la valeur de N. elle-même.
            Il veut que N. danse devant lui, autrement il ne peut pas bander pour son épouse. Il pense que s'il me donnait de l'argent ce serait comme si je lui vendais ma femme, alors il me le prête, espérant alléger ma conscience. Nullement ! Je t'aurai après avoir disposé de d'Anthès. En attendant je dois me soumettre. Ma situation va changer, bientôt. " Le Contemporain " me rapportera bientôt de l'argent neuf, bien que je sois très réticent à m'en occuper. Le souhait de me défaire de l'emprise de l'argent m'oblige à entreprendre des affaires qui me déplaisent et à devenir dépendant du succès d'une activité qui m'est étrangère. Je dois me transformer en négociant, marchander avec Vyazemsky cent roubles de plus pour les meubles, vendre la fichue statue de Catherine au malin Myatlev. Je suis obligé de prendre en charge la gestion d'un patrimoine désespérément amoindri, et à passer un temps précieux avec des gribouilleurs dépourvus de talent qui rêvent de voir leurs noms imprimés. Je dois admettre que rien de tout cela ne rencontre le succès, car il ne peut y avoir de succès dans un travail que l'on déteste. Vous devez aimer ce que vous faîtes comme vous aimez une femme, même une chose sans valeur semblera ainsi importante et votre enthousiasme vous apportera bonheur et succès. L'amour donne une signification à tout ce que vous faîtes en son nom, et il vous récompense en vous rendant indépendant de tout ce qui lui est extérieur.
            Je dois dire que, pour que je sois heureux, il suffit que des intimités défilent rapidement devant moi et que je puisse écrire dans mon bureau dans l'attente impatiente de la suivante.
           L'absence d'argent m'irrite mais est incapable de me rendre malheureux. Je croyais avant qu'il n'y avait rien qu'on ne puisse apprendre, et je me suis assidûment mis à réfléchir à des moyens d'obtenir de l'argent. Puis j'ai compris que c'est comme la poésie qui ne peut pas être apprise. Il faut avoir talent et inspiration. Je sais maintenant que je ne gagnerai jamais assez d'argent avec ma littérature et que l'échec me guette sur les autres chemins, car je n'ai guère de talent pour m'enrichir. Je n'ai pas de parents riches qui me laisseraient un héritage, alors je ne vois rien de consolant pour l'avenir. Tôt ou tard le Tsar annulera mes dettes et je devrai y consentir, car la somme sera si importante que l'augmenter encore tiendrait tout simplement de l'indécence.

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            Ma belle-mère a envoyé mille roubles pour la naissance de Sashka. Si N. pouvait pondre les enfants aussi vite que font les chats, nous aurions un joli revenu............. Je déteste l'usure mais elle se répand partout où on fait de l'argent. Je ne peux pas, je suis incapable d'être un profiteur ! Ma tête devrait être libre pour mon écriture..........

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            Plus N. a du succès en société, plus les femmes me sollicitent. Elles sont flattées de se soumettre à moi, cela les enorgueillit de voir que je les préfère à une beauté irréprochable telle que ma femme. Elles commencent à se croire plus belles et plus irrésistibles qu'elles ne le sont vraiment.

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            Soudain j'ai de le peine pour d'Anthès que je dois tuer. Il n'est rien d'autre qu'un fainéant gâté aux ordres d'un vieillard sale et dégoûtant. Je ne peux pas reprocher à d'Anthès sa passion pour N., au contraire, je lui envie cette passion que je n'ai plus.

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            La maladie de ma mère m'a rapproché d'elle après que la vie nous a séparés. La mort proche nous a réunis.
            Mère acceptait mal la vieillesse et souffrait d'avoir perdu sa beauté d'antan. Je m'asseyais auprès d'elle, alitée et mourante et me laissais aller à des souvenir. Le passé était merveilleux mais désespérément évanoui. Je me rappelais ma soif constante de la tendresse de ma mère. Je voulais me blottir contre elle pour être embrassé et enlacé, mais elle m'évitait. Elle ne m'aimait pas, elle aimait
Lyovushka ( son frère ).
            Je me souviens de moi à peu près à l'âge de trois ans fonçant dans sa chambre et voyant Mère couchée sur le lit. Elle était nue, allongée sur le dos, les bras derrière la tête. Elle regardait par la fenêtre, elle a lentement tourné les yeux vers moi, puis s'est retournée vers la fenêtre. Mes yeux étaient rivés, contre ma volonté, sur les cheveux noirs au centre de son corps blanc. Cette vision m'a marqué au fer rouge et je suis sorti de la chambre ventre à terre. Maintenant encore j'ai cette vision qui revient.                                                                                                                  pinterest.fr 
Image associée            Mère est revenue à elle et m'a dit, souriant à travers ses larmes :
            - " Quand enfin je m'habitue à la vieillesse, il est temps de mourir.
            Elle s'est éteinte et j'ai eu le temps de lui chuchoter que nous nous retrouverions bientôt. La mort la terrifiait et je voulais la consoler avec cette profonde conviction personnelle. Ses yeux ont scintillés d'espoir, comme si je lui avais promis qu'elle guérirait.
            Elles est morte et j'ai senti une partie de moi mourir avec elle. La Mère qui nous donne la vie l'emporte avec elle en mourant. La petite portion de vie restante ne fait qu'attendre l'occasion d'en finir pour que votre âme puisse rejoindre celle de votre Mère. Mère m'a préservé de la mort, mais quand elle est décédée elle m'a laissé seul face à elle.
            Une fois, alors que mère ne pouvait déjà plus se lever, j'ai trouvé mon père en sanglots à son chevet. Ce spectacle déchirant m'a retourné le coeur. Je me suis précipité vers Père, serrant ses épaules et embrassant sa tête. Toute mon irritation à son égard avait disparu devant son impuissance et sa faiblesse. Je peux facilement être en colère contre une personne forte ou contre une personne prétendant l'être, mais quand je vois un homme en pleurs, la pitié pour lui l'emporte sur tous les autres sentiments. En plus de cela c'était mon père.
            J'ai versé des larmes à cause de l'amertume que j'avais toujours ressentie à son égard. J'ai pardonné et j'ai oublié son avarice, son égoïsme et son entêtement. Mère a tendu la main, Père l'a prise dans la sienne et je les ai recouvertes toutes deux de la mienne. Nous avons à cet instant une unité perdue à cause de notre intolérance et surtout de la mienne. Nous avons pleuré tous trois à l'approche de la mort, de la solitude et de l'horreur de l'inéluctable. J'ai retrouvé ma mère et mon père mais, hélas, pas pour longtemps.
            Seulement alors s'est révélé à moi le commandement concernant l'amour des parents. Ils sont la cause de mon existence, et si je ne les aime pas, je ne puis m'aimer moi-même. Cependant, pour être en paix avec soi-même, on doit s'aimer soi-même. Mais on ne peut pas aimer la conséquence et détester la cause. Haïr ses parents signifie haïr la vie qu'ils vous ont apportée.
            Il est insupportable de voir ses parents vieux et en larmes alors que vous êtes impuissant à soulager leurs souffrances. Désormais il aura beau être difficile à vivre, je verrai toujours les épaules de mon père secouées de sanglots.
            Quand j'ai accompagné le cercueil de ma mère à l'Abbaye Svyatogorsky ( 1836 ) je savais que j'allais à mon propre enterrement. Cette conviction ne m'a pas quitté une seule minute. Les mottes de terre tombant sur le cercueil résonnaient comme de douloureux battements de coeur. J'ai levé les yeux vers le ciel bleu et senti le regard de ma mère posé sur moi. Je lui ai souri et j'ai chuchoté : " je te verrai bientôt "
            Il me paraît tout à fait évident que les âmes des enfants et des parents flottent ensemble dans une autre vie. Mon âme épousera l'âme de ma mère et son âme épousera celle de sa mère et ainsi de suite jusqu'à Adam et Eve. Les âmes d'Adam et Eve ont épousé la bonté de Dieu qui porte en elle les âmes de toutes les générations à venir. Je vois Dieu comme une grenouille, sa longue langue étant la totalité de l'histoire humaine. La langue s'élance pendant un instant ( pour attraper une mouche ? ) et puis hésite. Pourquoi nous a-t-on envoyés sur Terre ? Est-ce pour baiser comme des grenouilles ?
            Je n'ai plus aucun doute quant au but de la vie lorsque la Muse ou Vénus me rendent visite. Mais leurs visites sont brèves et, une fois qu'elles m'ont quitté les souffrances m'enveloppent et je ne puis même trouver la réponse à une question des plus simples : comment vivre ? Ma vie devient trop complexe, tous les fils de mes méfaits se sont emmêlés et je ne peux plus les défaire. Mais je ne peux pas vivre ainsi, alors je dois les couper.

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Image associée            Même un homme jaloux prend un plaisir sans fin avec une très belle maîtresse. Mais une très belle épouse apporte, elle, une angoisse sans limites à son mari. Le plaisir s'émousse vite et la possession de la beauté ne fait que flatter votre vanité.
            Les hommes de votre entourage déversent salive et semence pour goûter l'intimité de votre femme et la suivent comme une meute derrière une chienne en chaleur. Le lot du mari est de devoir s'éreinter à protéger sa femme des pièges et la prévenir des tentations, protégeant son honneur à elle et son nom à lui. Plus la femme est belle, plus le mari devient la risée de tous si elle lui est infidèle. Plus les gens la regardent, plus les hommes attendent avec impatience leur tour. N'est-ce pas un prix trop élevé à payer pour la possession d'une beauté qui ne vous excite plus ?

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            .................... Une fois je lui a raconté un de mes fantasmes et elle a répondu d'une voix rêveuse :
            - " C'est bien Pouchkine que je ne puisse lire dans tes pensées et que tu ne puisses lire dans les miennes ".
            En tant que mari j'ai senti mon incapacité à empêcher l'adultère mental de ma femme. Si je ne puis l'obliger à m'aimer, je veux du moins obtenir le pouvoir de la contrôler avec l'aide du mesmérisme et induire en elle les sentiments que je veux. Ici, une fois de plus, il me faut une force interne et une concentration que je n'ai jamais eues.


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            De ma vie entière je n'ai pu trouver suffisamment de force pour tuer un homme. Au cours de tous mes duels j'ai laissé mes adversaires tirer les premiers et je refusais ensuite de tirer ou tirais vers le ciel. Je croyais que Dieu me gardait et je lui confiais ma vie. Les balles m'ont épargné.
            S'il était possible d'organiser un duel immédiatement après le défi, tout serait différent. Autrement, arrivé le moment du duel, ma colère s'est toujours dissipée et le combat n'a jamais eu l'air d'une vengeance pour une offense mais seulement d'une plaisanterie hasardeuse. Bien que je comprenne du point de vue intellectuel qu'il vous faut tuer votre ennemi sans quoi c'est lui qui s'en charge, mon coeur ne m'a jamais laissé aller jusqu'au bout. Il y a toujours de la fougue dans une bataille, vous êtes emporté par la rapidité du mouvement et vous tirez dans le vif du moment.
            Un duel c'est un enterrement froid, artificiel, avec des règles et des conditions qui irritent l'esprit mais pas les sentiments. Se battre en duel est d'un sang-froid insupportable.........
            .......... L'extase du sentiment de vie après un duel est si puissante que, pendant mes périodes de dépression, je pense à une telle provocation comme à un remède auquel il ne serait pas désagréable de recourir..........                                                                           
Résultat de recherche d'images pour "tableaux couples 1900"            Personne n'a autant dérangé ma vie que d'Anthès. Il est maintenant impossible de penser à une éventuelle réconciliation. L'un de nous doit mourir................                           
            Si seulement j'avais tué quelqu'un auparavant je me sentirais beaucoup plus confiant. Dans le même temps je sais que si je tue un homme ma vie ne sera plus pareille...........
            Dans " Onéguine " j'ai osé tuer Lemsky  et accomplir au travers d'un poème ce à quoi je n'arriverai jamais ma vie durant.
            Les conditions du combat avec d'Anthès doivent être sans merci et cela devrait me forcer à
tirer le coup fatal.
                                                                                                                     
                                                               *****************                           galeriedesmodernes.art/fr                                     

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            Pour posséder de l'argent il vous faut l'aimer, mais moi je ne fais que le respecter pour son pouvoir. Il le sait bien et refuse de venir dans mes mains. J'aime les femmes et en retour elles m'aiment. J'aime la poésie et la Muse est folle de moi. J'aime une partie de cartes, cela m'apporte du plaisir même si je perds. Il y a même un certain plaisir à perdre, cela fait partie du jeu. Il n'y a par conséquent aucune injustice lorsque je perds : l'argent ne veut pas toujours venir à moi, ce qui n'empêche pas mon jeu favori de m'apporter de la joie. Pensée bénie.

                                                                ******************

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            Lisant Sade je comprends la source de sa perversion, que vous pourriez traiter à son commencement comme vous traiteriez un lionceau. Mais Dieu vous garde qu'il grandisse et de croire ensuite que le lion est sans danger, simplement parce que vous l'avez connu jeune !.....................

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            Dans le Caucase je me rendais souvent au bord d'un précipice montagneux et j'ai compris un jour que je ressentais un désir de plus en plus violent de m'y jeter. Je ne voulais pas mourir, j'étais heureux mais quelque chose me poussait certainement à sauter le pas fatal. Jusqu'où je pouvais faire confiance à cette partie de moi-même qui ne voulait pas me voir franchir ce pas ? D'où vient cette partie de moi qui souhaite ma propre mort ? Peut-être que la vision d'un abîme est si merveilleuse et la sensation de la descente tellement excitante que cette autre partie de moi oublie simplement l'inéluctabilité de la mort, emportée par la beauté pure de la nature. Je suis poussé à sauter dans l'abîme, non par désir de mourir mais par un total oubli de ce que cela représente....................
            Je n'ai pas une volonté claire de mourir mais je me comporte comme si je réclamais la mort de toutes mes tripes...............

                                                                            **************
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Image associée             Je n'ose montrer ce journal à qui que ce soit, pas même à Naschokine. Même le meilleur ami ne peut accepter une âme complètement exposée.
            Je ne ai moi-même pas assez de tripes pour relire ce que j'ai écrit, peur trop forte de mes abîmes. Je suis si tenté de tout jeter au feu. Mais j'ai déjà fait preuve d'un pareil manque de tempérament en brûlant mes notes. Je craignais alors la prison, à présent je crains Dieu. Il a envoyé son " ange ", d'Anthès qui a vraiment la beauté d'un ange, pour me punir. Je commence à me répéter. Quoi que je puisse raconter, j'en reviens à lui.

                                                                                *******************

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                                                                                *******************

            Aujourd'hui je me suis reposé avec Zizi, je ne voulais pas voir N. du tout. Mon indifférence à son égard affaiblirait ma décision de me battre. Il se pourrait que je mette ma vie en jeu au nom de la pérennité de ma vie de famille pleine de soucis n'est pas très excitante, et non au nom des passions libres auxquelles j'ai voué mon existence.......................



                                                                FIN

                                                                 Alexandre S. Pouchkine

           Note de l'éditeur en fin de volume

           Pouchkine fut fatalement blessé à l'estomac par d'!Anthès qui tira le premier. Pouchkine rassembla ses dernières forces et tira. La balle ricocha sur un bouton métallique de l'uniforme de d'Anthès, ce qui lui sauva la vie. D'après la rumeur le Tsar avait envoyé ses gardes pour arrêter le duel mais ils furent intentionnellement dirigés au mauvais endroit. Après la mort de Pouchkine d'Anthès fut mis aux arrêts, destitué et expulsé de Russie. Il partit avec sa femme pour la France où ils vécurent jusqu'à leur mort. D'Anthès sera sénateur sous le second Empire. La veuve de Pouchkine porta son deuil pendant deux ans et se remaria en 1844.




         

                                                                                                                                          

vendredi 24 novembre 2017

Money Paul Verlaine ( Poème France )


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                                                 MONEY !

            Ah oui, la question d'argent !
            Celle de te voir pleine d'aise                                                                    amazon.fr 
Résultat de recherche d'images pour "jean effel"            Dans une robe qui te plaise,
            Sans trop de ruse ou d'entregent ;

            Celle d'adorer ton caprice
            Et d'aider, s'il pleut des louis,
            Aux jeux où tu t'épanouis,
            Toute de vice et de malice ;
         
            D'être là, dans ce Waterloo,
            La vie à Paris, de réserve,
            Vieille garde que rien n'énerve
            Et qui fait bien dans le tableau ;                                                       
             

            De me priver de toute joie
            En faveur de toi, dusses-tu
            Tromper encor ce moi têtu                                                   
            Qui m'obstine à rester ta proie !
                                                                                                                                                               
            Me l'ont-ils assez reprochée,
            Ceux qui ne te comprennent pas,
            Grande maîtresse que d'en bas
            J'adore, sur mon coeur penchée,                                                   youtube.com
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            Amis de Job aux conseils vils,
            Ne s'étant jamais senti battre
            Un coeur amoureux comme quatre
            A travers misère et périls !

            Ils n'auront jamais la fortune
            Ni l'honneur de mourir d'amour
            Et de verser tout leur sang pour
            L'amour seul de toi, blonde ou brune !


                                                                      Verlaine


jeudi 23 novembre 2017

Assonances galantes Paul Verlaine ( Poème France )


peinture Fragonard
moreeuw.com


                                                Assonances galantes

            Tu me dois ta photographie
            A la condition que je
            Serai bien sage - et tu t'y fies !

            Apprends, ma chère, que je veux
            Être, en échange de ce don
            Précieux, un libertin que

           L'on pardonne après sa fredaine                                                                 artnet.fr
Résultat de recherche d'images pour "boucher peintre oeuvres"           Dernière en faveur d'un second           
           Crime et peut-être d'un troisième

            Cette image que tu me dois
            Et que je ne mérite pas,
            Moyennant ta condition

            Je l'aurais quand même tu me
            La refuserais puisque je
            L'ai là, dans mon coeur, nom de Dieu !

                                               II

            Là ! je l'ai, ta photographie,
            Quand t'étais cette galopine
            Avec, jà, tes yeux de défi,

            Tes petits yeux en trous de vrille,
            Avec alors de fiers tétins
            Promus en fiers seins aujourd'hui

            Sous la longue robe si bien
            Qu'on portait vers soixante-seize
            Et sous la traîne et tout son train,

            On devine bien ton manège
            D'alors jà, cuisse alors mignonne,
            Ce joud'huy belle et toujours fraîche ;
                                                                                                                 
            Hanches ardentes et luronnes,
            Croupe et bas-ventre jamais las,
            A présent le puissant appât,
                                                                                                                     momes.net
Résultat de recherche d'images pour "fragonard balançoire"            Les appas, mûrs mais durs qu'appêtent
            Ma fessure quand tu es là
            Et quand tu n'es pas là, ma tête !

                                             III

            Et puisque ta photographie
            M'est émouvante et suggestive
            A ce point et qu'en outre vit

            Près de moi, jours et nuits, lascif
            Et toujours prêt, ton corps en chair
            Et en os et en muscles vifs

            Et ton âme amusante, ô chère
            Méchante, je ne serai " sage "
            Plus du tout et zut aux bergères

-            Autres que toi que je vais sac-
             Cager de si belle manière,
             - Il importe que tu le saches -
                                                                                                                                lion.cmicchazay.org
Résultat de recherche d'images pour "fragonard balançoire"            Que j'en mourrai, de ce plus fier
            Que de toute gloire qu'on prise
            Et plus heureux que le bonheur !

            Et pour la tombe où mes sens gisent,
            Toute belle ainsi que la vie,
            Mets, dans son cadeau de peluche,

            Sur mon coeur, ta photographie.


                                                                Paul Verlaine
           
           











                                                       

lundi 20 novembre 2017

Nicole Kidman Anatomie d'un acteur Alexandre Tilsky (cahiers du Cinéma Biographie France )

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                                                    Nicole Kidman             

                                          Anatomie d'un acteur

            Nicole Mary Kidman née à Honolulu un jour de 1967,d'un père psychologue et d'une mère infirmière, habitera un temps Washington puis la famille s'installe en Australie après la naissance de la petite soeur. Catholique et ouverte au multiculturalisme, elle écrit beaucoup. L'auteur cite "....Je tenais un journal intime dont la couverture était couverte de sortilèges pour faire fuir les curieux...." Journal détruit, rapport étrange à la mort. Ses rôles fascinent par le choix des personnages, toujours troubles. " .... Je pense que cette noirceur s'explique par la sensation que j'avais trop d'amour à donner.... la peur de tout perdre. " En dix films sur 65 cités, la complexité de la comédienne, sans complexe lors des scènes particulièrement liées à l'intimité, est approchée. Une future réalisatrice, Jane Campion lui propose un rôle dans un cours métrage, la grande comédienne, 1m78, refuse. Elle étudie l'art dramatique à Melbourne puis à Sydney. Isolée par sa religion ( société protestante ) et sa peau trop claire qui l'oblige à fuir le soleil ".....Je me suis immergée dans la lecture..... " Elle lit Eliot et Tolstoï, mais peu d'auteurs anglais et ne découvrira qu'au moment où elle s'investira dans le personnage, Virginia Woolf - The Hours - transformée, méconnaissable ( 2002 ). En 2014 elle incarne la troublante Grace Kelly, partagée entre son désir de retourner avec Hitchcock ( 3 fois déjà avec lui ) et protéger sa vie familiale. Les Cahiers soulignent le travail des opérateurs, lumière.
Les films ne convainquent pas un public qui l'affectionne depuis ses débuts, comédies hollywoodiennes, épouse de Tom Cruise, et enfin le rôle qui fait basculer le couple. Stanley Kubrick commence la réalisation de Eyes Wide Shut. Kidman "...... Il avait un regard extraordinaire. Il vous observait d'un petit air espiègle, avec des yeux qui avaient vu tant de choses..... ) Le film est décrypté, dialogues, scènes, diction, de plus Nicole Kidman investit le rôle et choisit tentures, tenues. Ainsi elle porte un regard profond sur son travail qui l'épuise, la conduit au bord de la dépression. Elle joua sous la direction de Lars von Trier, donnant le maximum de maturité : Dogville 2003. Il y eut avant en 2001, Satine, Moulin Rouge de Baz Luhrmann. Elle dit " Je savais que ce film allait changer ma vie et ma carrière parce que vous n'avez pas souvent l'occasion de chanter, danser et jouer la comédie en même temps. Personnage là aussi sulfureux. Mais Kidman tourne aussi dans des spots publicitaires, devient productrice. Nommée aux Oscars, aux Golden Globe, les films où elle apparaît ne sont pas toujours appréciés, mais elle reste la représentante du cinéma australien la plus en vue, toutefois, fuyant les journalistes et la vie holywoodienne, elle vit dans un ranch dans le Tennessee. Un bel et fort album, beaucoup de photos, complet des Cahiers du Cinéma. 

dimanche 19 novembre 2017

Anecdotes et Réflexions d'hier pour aujourd'hui 82 Samuel Pepys ( Journal Angleterre )

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artmatters.ca

                                                                                                             16 Novembre 1662
                                                                                                 Jour du Seigneur
            Vers 3 heures du matin je fus éveillé par les grossièretés des domestiques de sir John Mennes, pas encore arrivé, et qui sont les gens les plus grossiers, à l'exception des précédents, les gens d'un certain Mr Davis.
            Me rendormis et, après avoir parlé longtemps et agréablement avec ma femme, je me levai et allai à l'église où Mrs Goodyear maintenant Mrs Bluckworth faisait ses relevailles. J'aime cette femme pour son sérieux inégalé dans la paroisse. Puis rentrai dîner avec ma femme, avec grand plaisir. Parcourus ensuite ma maison qui est presque finie, ne reste que le travail du vitrier, et les meubles à mettre en place. Au bout d'un moment arrive Tom, causons un moment et sortons. Voyant un grand nombre d'inconnus et de voitures qui se rendent à notre église et apprenant que le proposant du sermon serait pour la Compagnie de Turquie afin d'être envoyé à Smyrne, j'y retournai. Plusieurs négociants avec la Turquie occupaient tous les meilleurs bancs, y compris le nôtre. Mais ce fut un sermon des plus lamentables sur un texte de Zacharie. Il passa un grand moment à démontrer de qui Zacharie était le fils et à prouver que Malachie fut le dernier prophète avant Jean-Baptiste.
            Rentrai voir sir William Penn qui reprend des forces mais garde toujours le lit, puis chez moi et fus à mon bureau, travaillai un peu, rentrai souper, et au lit.


                                                                                                         17 novembre

            Chez le Duc aujourd'hui, mais il est à la chasse, allai donc chez milord Sandwich et, ayant parlé un peu avec lui de ses affaires, me rendis à la Grand-Salle où je demeurai laongtemps pour beaucoup d'affaires, puis retour en passant par le Temple et beaucoup d'endroits pour la même chose.
A la maison je trouve ma femme qu'est venue habiller, comme convenu entre elles, celle qui, je crois, sera sa suivante. Egalement présents sa soeur et le frère de ma femme, j'emmenai Mr Creed, venu dîner avec moi, à une table d'hôte derrière la Bourse. Retour à la maison où je passai quelques heures, jusqu'à ce qu'il fît presque nuit. Causai avec ma femme et fis chanter Mrs Gosnell, puis, comme on ne trouvait pas de voiture, par le fleuve à Whitehall. Mais Gosnelle ne voulant pas passer sous le Pont, nous fûmes contraints de débarquer et de repartir par le fleuve, et nous les fîmes descendre, elle et sa soeur au Temple. Je suis extrêmement satisfait de son humeur et de sa voix.
            A Whitehall, comme convenu, Mr Creed nous emmena ma femme et moi au Cockpit où nous fûmes très bien placés et vîmes le roi, la reine, le duc de Monmouth son fils et milady Castlemaine et toutes les belles dames et La belle dédaigneuse bien jouée. Ils avaient fini à 11 heures, et par un beau clair de lune nous prîmes une voiture pour rentrer. Mais ne pûmes réveiller personne de la maison, il nous fallut alors faire passer le petit laquais par une des fenêtres afin qu'il nous ouvrît la porte, et nous appelâmes les servantes avant de souper et d'aller nous coucher. J'étais tracassé de ce que ma femme me dît que sa suivante ne veut pas venir avant d'avoir reçu un mot de sa mère. En effet, elle me plaît tant que je serais bien fâché maintenant de ne pas la prendre, tout en sachant que ce me sera une grande dépense que je devrais fuir. Je la compenserai autrement et, au lit.


                                                                                                          18 novembre
peintures-tableaux.com
Résultat de recherche d'images pour "turner peintre portrait"            Levé et au bureau, réunion et l'avocat Mr Philips est venu mais j'ai remis la visite à l'après-midi. A midi dînai chez sir William Batten, était présent sir John Mennes. Lui et moi fort aimables l'un envers l'autre, mais je m'attends de jour en jour à une dispute au sujet de nos logements. Je suis tracassé par Gosnell et par mes procès. Après dîner au cabinet de Mr Phillips. Il exige une réduction de l'argent de Pigott, ce qui me contrarie aussi, mais je ne l'accorderai pas sans l'agrément de mon père. Je veux lui écrire pour cela ce soir. Ce que j'ai fait. Trouvant mon oncle Thomas nous allâmes au cabinet de mon cousin Roger et je donnai là à mon oncle son nom et celui de Mr Philips comme étant mes deux arbitres contre Mr Cole et Punt. Mais je n'en espère pas grand chose.
            Retour à pied, puis ma femme rentra, après avoir dépensé plus de 12 livres en linge et pour un chaudron et une marmite et un châlit et d'autres objets pour la maison, ce qui me tracasse aussi, de sorte que ce soir je suis tout abattu et ne sais que penser.
            Tard au bureau à rédiger pour milord le trésorier une lettre pour laquelle nous avons tardé. Et rentrai et, plein de tracas, au lit.


                                                                                                       19 novembre 1662

            A la maison toute la matinée, rangeai une partie de mes affaires et, après dîner la même chose l'après-midi. Dans la soirée à mon bureau jusqu'à 11 heures dur soir encore occupé à la lettre pour milord le trésorier, et rentrai et au lit.


                                                                                                       20 novemtre

            Toute la matinée réunion au bureau. A midi avec Mr Coventry au Temple consulter pour l'affaire de Field. Mais nos avocats étant inaccessibles nous nous rendîmes à St James et dînâmes dans son cabinet, et je l'aime toujours de plus en plus pour ce qu'il est. Je lui ai confié mon désir, pour le frère de ma femme, de l'envoyer naviguer comme cadet, ce qu'il est disposé à accorder, et il le fera quand je voudrai. Après dîner au Temple voir Mr Thurland, puis milord le grand juge de l'Echiquier, sir Edward Hales, et retour avec Mr Thurloe à son cabinet. Il me dit que Field l'emportera sur nous et le Duc qu'il faut nous ingénier à arranger l'affaire de notre mieux, ce qui nous contrarie et nous tracasse beaucoup. Mais je suis heureux que le Duc s'y intéresse. Puis rentrai en voiture, m'arrêtant dans une taverne guidé par l'officier de police pour parler de cette affaire avec Mr Smith notre officier de police et à la maison où je vois que ma femme a fort proprement meublé mon cabinet de travail avec les anciennes tentures de salle à manger. Cela fera à l'occasion un salon élégant. Puis un moment à mon bureau et rentrai, passai la soirée à m'occuper de ma maison, puis souper et au lit.


                                                                                                      21 novembre
grandspeintres.com
Image associée            Resté à la maison toute la journée à aider à accrocher mes tentures dans la chambre de ma femme, à ma grande satisfaction. Dans l'après-midi j'allai parler à sir John Mennes dans son logement où je trouvai de nombreuses grandes dames et son logement vraiment très élégant.
            Le soir, souper et au lit. Ayant, ce soir commencé à installer un drap à cracher, ce que je trouve très commode.   
            Aujourd'hui sont arrivés de Calais les bateaux de plaisance du roi avec l'argent de Dunkerque, soit 40 000 pistoles.


                                                                                                         22 novembre
                                                                                                   Samedi
            Ce matin, à la suite d'une querelle entre ma femme et sa servante Sarah, ma femme et moi nous sommes sérieusement disputés, à ma grande tristesse. Mais je la vois si pleine d'animosité envers cette fille, qui me semble une servante tout à fait hors ligne, que j'ai été obligé, dans l'intérêt même de cette fille, de lui dire de trouver une autre place. Il n'en coûtera néanmoins quelque tracas à ma femme avant que je permette ce départ.
            Puis réunion au bureau toute la matinée et dîner avec Mr Moore à la maison, ma femme occupée à ranger ses meubles. Puis nous nous séparons, lui rentre chez lui, moi en route vers la maison de mon cousin Roger Pepys, pour nous consulter sur une transaction avec mon oncle Thomas. De là à la Garde-Robe retrouver Mr Moore et rentrai. Après avoir beaucoup travaillé à mon bureau à la maison et fis poser sur ma porte un marteau d'un genre nouveau et continuai à ranger ma maison, fis peindre aussi ma porte d'entrée et son arcade.
            Aujourd'hui j'ai acheté le livre des danses anglaises en prévision de la venue de Gosnell, la suivante de ma femme qui danse avec force élégance et, trouvant là Mr Playford, celui-ci m'a donné les chants latins de Mr Deering qu'il a récemment imprimés.
            Mr Moore m'a dit aujourd'hui aussi, comme une chose certaine, que la reine mère a épousé milord St Albans, et que celui-ce sera sans douté nommé lord trésorier général.
            On apprend que sir John Lawson a maintenant fait la paix avec Tunis et Tripoli comme avec Alger. Il reviendra donc de ce fait couvert d'honneurs.


                                                                                                        23 novembre
                                                                                        Jour du Seigneur
            Levé après avoir calmement causé avec ma femme de notre différend d'hier et, réconciliés été à l'église entendre Mr Milles, puis rentrai et dîner avec Mr Moore et mon frère.. Ma femme étant indisposée aujourd'hui ne s'est pas levée. L'après-midi de nouveau à l'église entendre le somnolent Mr Graves, puis visite à sir William Penn, toujours malade. Restai un moment et appris que la fille de sir Richard Ford s'est mariée sans le consentement de sa famille et que l'affaire s'est engagée et s'est conclue chez Will Griffith notre portier. Puis à mon bureau où j'ai un peu travaillé, puis retour chez moi et au lit.
            J'ai aujourd'hui parlé à mon frère. Il me demande la permission de continuer à s'occuper de sa maîtresse sans que j'en aie aucun tracas ou obligation, ce à quoi j'ai consenti.
            J'apprends aujourd'hui que ce vieux richard d'Audley est mort  il y a peu, laissant une grande fortune dont il a enrichi nombre de familles pauvres, sans tout laisser à une seulee. Entre autres  mon ancien camarade de Saint Paul, un certain Davis, devenu libraire dans l'enclos de Saint-Paul. Il paraît qu'il fait remise de 60 000 livres à quelqu'un qui l'avait escroqué, mais sans donner son nom, mais tout le monde sait que c'est le copiste de Fleet Sreet chez qui il logeait, mort aussi cette semaine un marchand de volailles de Gracious Street, qu'on croyait riche mais pas aussi riche, il a laissé 800 livres de rente annuelle mises au nom d'autres personnes et 40 000 jacobus en or.


                                                                                                         24 novembre 1662

            Allant vers Whitehall, sir John Mennes, sir William Batten et moi apprenons que le roi et le Duc se sont rendus ce matin à la Tour pour voir l'argent de Dunkerque. Nous allâmes donc les retrouver et parcourûmes les magasins avec eux. Mais il me parut que c'étaient de propos bien pauvres et bien superficiels que ceux que tenaient les compagnons du roi, le jeune Killigrew, entre autres sujets des braguettes de certaines armures d'hommes. Nous n'avons pas aperçu l'argent, mais Mr Singsby a montré au roi, et j'ai pu voir aussi, les coins de la nouvelle monnaie qu'on va frapper selon la méthode de Blondeau, fort bien gravés et le roi très ressemblant. Puis le roi se rendit à Woolwich, bien qu'il fît très froid et le Duc à Whitehall en nous ordonnant de le suivre en voiture, et dans son cabinet en présence de milord Sandwich, nous nous entretînmes de la possibilité d'obtenir une partie de cet argent pour payer les escadres, et d'autres sujets. Partis à l'heure du dîner allai donc chez Mr Crew. Nous eûmes une conversation fort intéressante et il paraissait très content de ma visite.
Puis chez Mr Phillips et au Temple où nous retrouvâmes mon cousin Roger Pepys et son frère le Dr John, mes arbitres contre Mr Cole et Mr John Bernard qui sont ceux de mon oncle Thomas.Ils commencèrent par des exigences extrêmes et les membres de ma famille, en partie parce qu'ils connaissaient mal le testament et en partie, je le crains, parce qu'ils ne sont pas aussi malins que les autres, ce pourquoi je m'en veux d'avoir choisi des parents ( engagés en outre à le représenter autant que moi ) j'en fus fort tracassé et, saisissant l'occasion de refuser, sans le consentement de mon père, de m'engager par une caution de 2 000 livres qui leur seraient remises, je rompis les négociations pour le présent en attendant d'en savoir davantage d'y avoir réfléchie. Puis en voiture avec mon cousin Pepys m'attendant tout le temps dans une chambre voisine, je le déposai en chemin. Mais bon Dieu ! quels efforts il fit pour trouver une pièce de neuf pence pour partager avec moi le prix de la course, et faute d'en trouver fut obliger de donner un shilling. Et comme il s'écrie encore " gad " et parle du retour du papisme, comme tous les fanatiques, j'avais honte de tout cela. Rentrai, trouvai ma pauvre femme fort occupée à ranger, et au lit fort tracassé et presque sans dormir de la nuit, me demandant ce qui se passera pour Brampton et à m'en vouloir de vivre sur un grand pied, alors que, pour autant que je sache, il se peut que mes parents viennent vivre à nos frais en fin de compte.


                                                                                                      25 novembre

Résultat de recherche d'images pour "construire des bûches"            Levé et au bureau toute la matinée. A midi avec les autres sur l'invitation de Mr Foley le quincaillier, au Dauphin pour manger un pâté de chevreuil, et excellent et chose rare en cette saison. Puis en voiture avec Mr Coventry jusqu'au Temple, puis chez Greatorex, où je restai à bavarder tout en lui faisant réparer ma règle de poche, puis en voiture au logis de milord, où je travaillai, comme prévu, à faire les comptes de milord Sandwich. Cela fait, avec lui, le capitaine Ferrer et William Howe nous divertîmes fort gaiement un bon moment dans la grande salle à manger. Puis, comme il était tard et que milord n'arrivait pas, allai en voiture au Temple et rentrai à pied. Puis à mon cabinet pour travailler un peu, puis à la maison, et au lit.
            On fait grand bruit de ce que certains fanatiques affirment que la fin du monde est imminente et doit se produire mardi prochain. Que Dieu, à quelque moment qu'elle se produise, nous y prépare tous.


                                                                                                      26 novembre


            Le matin au Temple avec mon cousin Roger qui veut maintenant que je le dispense du rôle d'arbitre, car il ne pourrait pas me représenter comme il le voudrait sans être hostile à mon oncle Thomas, ce qui soulèverait ses protestations. Ce dont je suis bien satisfait, car c'est ce que je oulais et je vais choisir un autre avocat.
            Puis rentrai car il était occupé. Et toute la journée jusqu'à minuit j'ai rangé ma maison. Ma femme mettait les tentures et le lit rouge dans la chambre de sa suivante et moi et mes livres et d'autres affaires dans ma chambre et mon cabinet qui est maintenant fort joli. Et au lit.


                                                                                                    27 novembre

            En m'éveillant je vois les toits des maisons couverts de neige, spectacle rare et que je n'ai pas vu depuis trois ans.
            Levé et mis mes gens à parachever le nettoyage puis au bureau, réunion toute la matinée jusqu'à midi et puis nous allâmes tous dans la maison voisine sur la colline de la Tour voir passer l'ambassadeur de Russie. Pour le recevoir toutes les milices de la Cité sont dans les rues et les gardes du corps du roi et la plupart des riches bourgeois avec leurs manteaux de velours noir et leurs chaînes d'or, restes  de leur tenue d'apparat lors de l'arrivée du roi. Mais il se faisait tant attendre que nous redescendîmes à la maison pour dîner. A la fin j'entendis annoncer qu'ils arrivaient, de sorte que j'allai à pied jusqu'à la Fontaine du carrefour, au bout de Gracious Street et de Cornhill et à la fontaine dont les becs coulaient, tout près de moi, sur tous ceux qui se tenaient dessous, je les vis asses bien passer. Je ne vis pas l'ambassadeur dans son carrosse, mais sa suite avec leurs vêtements et leur bonnet de fourrure, de beaux hommes très bien faits, la plupart d'entre eux ayant sur le poing un faucon dont ils allaient faire présent au roi. Mais grand Dieu ! combien ridicules sont, par nature, les Anglais qui ne peuvent s'empêcher de rire et de se moquer de tout ce qui leur paraît étrange !
Résultat de recherche d'images pour "lumière et couleur turner"  *          Puis retour et au bureau, et réunion jusqu'à 7 heures, occupés à conclure un marché avec Mr Wood pour ses mâts de Nouvelle - Angleterre. Puis dans la voiture de Mr Coventry au Temple. Mais mon cousin Roger Pepys n'était pas disponible pour me parler de mon affaire. Je revins aussitôt à la maison et fus à mon bureau jusque très tard à travailler. Ensuite à la maison que je trouve plus propre et mieux rangée, et j'espère que dans quelques jours tout sera bien et tout à fait selon mon coeur, ce que Dieu veuille. Puis soupai, et au lit.


                                                                                                     28 novembre

            Il gèle à pierre fendre, ce qui est tout nouveau pour nous et ne s'est pas produit depuis presque trois ans . Levé et allai à l'hôtel des quincailliers à dix heures pour les funérailles de sir Richard Stayner. Etions présents tous les fonctionnaires de la Marine et milord Sandwich qui s'entretint avec nous de la Pêcherie, nous disant la décision de Sa Majesté de donner 200 livres à quiconque équipera une bûche, et nous consulta sur l'effet de cette incitation certainement très importante. On nous donna de belles bagues et au bout d'un moment allions monter en voiture, et comme j'étais monté dans une voiture à quatre chevaux, on vint nous dire que ce n'était que pour les gens du convoi. Je descendis et en profitai pour revenir à la maison où je restai toute la journée, attendant l'arrivée de Gosnell, mais elle adressa ses excuses, disant qu'elle n'avait rien reçu de sa mère, mais qu'elle viendrait la semaine prochaine. Je l'espère, et puisqu'il faut que j'aie quelqu'un, que ce soit quelqu'un qui puisse me donner quelque plaisir.
            A mon bureau jusque tard, à recopier le testament de mon oncle. Puis rentrai, et au lit.


                                                                                                        29 novembre

            Visite du frère de ma femme avant mon départ pour le bureau et nous l'avons chargé d'aller voir Gosnell pour savoir la vraie raison pour laquelle elle n'est pas venue et si elle a ou non l'intention de venir. Puis au bureau. Ce matin sir George Carteret est venu nous voir, première fois depuis qu'il est arrivé de France. Il nous dit que la monnaie d'argent qu'il a reçue pour Dunkerque pesait 120 000 livres.                                                                                          fineartamerica.com
Image associée            Travaillai toute la matinée et à midi, sans rentrer dîner ( bien qu'on m'eût dit que Will Joyce était là, lui que je n'ai pas vu chez moi ni ailleurs depuis trois ou quatre mois ), avec Mr Coventry dans sa voiture jusqu'à Fleet Street, où j'entrai chez Madame Turner et où on m'avait dit que je trouverais mon cousin Roger Pepys. Allâmes ensemble au Temple, mais sans avoir le temps de rien faire, je me dirigeai vers la maison de lord Sandwich ( en route je montai dans la voiture du commandant Cuttance, et allai avec lui chez milord ). Mais les autres n'étaient pas prêts, je descendis à Wilkinson et, n'ayant rien mangé de la journée, je mangeai un pâté de mouton et je bus. Puis j'allai chez milord où étaient présents quelques personnages importants, réunis pour exposer l'affaire de la Pêcherie et la façon dont le roi donnera ces 200 livres à quiconque lancera une bûche neuve et de fabrication anglaise avant la prochaine mi-juin. J'entendis en cette affaire nombre d'excellents propos et j'ai bien vu le grand plaisir qu'il y a à s'entretenir de questions publiques avec des personnes qui connaissent spécialement telle ou telle affaire. Etant arrivés à une conclusion où une proposition que j'avais faite fut bien reçue, d'envoyer des invitations du roi à pratiquement tous les ports de pêche, en fixant une limite au nombre de bûches de chaque port tant que nous ne connaîtrons par le nombre des contractants. Nous nous quittâmes et je rentrai et fis tout le chemin à pied, m'arrêtant chez mon cousin Turner et chez Mr Carlthrop au Temple pour leur demander de consentir à être mes arbitres, ce qu'ils acceptent. Ma femme et moi fûmes au lit de bonne heure, de bonne humeur parce que son frère annonce que Gosnell, que ma femme et moi appelon plaisamment notre " marmotte ", viendra à coup sûr la semaine prochaine, Dieu veuille que cela tourne bien !


                                                                                                     30 novembre 1662
                                                                                         Jour du Seigneur
            A l'église le matin, Mr Milles a fait un assez bon sermon. Il gèle à pierre fendre aujourd'hui Dînai seul avec ma femme, avec satisfaction, ma maison étant propre de fond en comble. L'après-midi allai à l'église française ici dans la Cité, et restai dans le bas-côté tout le temps du sermon, prenant un immense plaisir à entendre un fort admirable sermon d'un tout jeune homme, sur l'article de notre credo, dans l'ordre du catéchisme, sur la résurrection. Puis à la maison et rendis visite à sir William Penn toujours alité. Il y avait sir William Batten et sa femme et Mrs Turner. J'y fus de joyeuse humeur, parlai de l'assurance de la fille nouvellement mariée de sir Richard Ford, malgré l'étrangeté de son récent mariage, elle a, à l'église, l'air le plus guilleret du monde et prend le pas sur sa soeur aînée, célibataire.
            Rentrai souper et puis, malgré le froid, à mon bureau pour faire mon bilan mensuel, et je vois qu'avec l'aménagement de ma maison ce mois-ci, j'ai dépensé 50 livres pour aussi la cuisine. De sorte que je ne possède plus que 660 livres ou à peu près. Cela fait et m'étant préparé pour le Duc demain, je rentrai, fis la prière, et au lit.
             Aujourd'hui portai pour la première fois un manchon, qui est le manchon de ma femme de l'année dernière, et maintenant que je lui en ai acheté un neuf, celui-ci fait très bien mon affaire. 

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            Ainsi se termine ce mois par un grand gel.
            Moi et ma femme sommes très bien, mais je suis très troublé par le procès avec mon oncle en passe maintenant d'être réglé par arbitration entre nous, et plût à Dieu que ce fût déjà fait !
            Je ne sais non plus trop que penser de ma décision de prendre une servante dans ma maison en qualité de suivante pour ma femme. Ma femme me promet qu'elle ne me coûtera rien que sa nourriture et ses gages et que cela n'entraînera aucune autre dépense. A ces conditions j'accepte la chose, car j'espère que cela m'économisera de l'argent en sorties pour ma femme et en autres plaisirs. J'espère que tout ira bien, mais je suis résolu à changer ma décision si les choses vont autrement que je ne le veux.
            En ce qui concerne les affaires publiques il y a un fâcheux état de mécontentement contre l'arrogance et la vanité de la Cour et parce que la Cour est mauvais payeur. Mais ce qui me tracasse le plus c'est le clergé qui ne plaira jamais à la Cité, laquelle ne se résignera pas aux évêques. Il est bien dommage qu'il y ait encore des conflits.
            Dunkerque nouvellement vendu et l'argent ramené en Angleterre, dont nous espérons recevoir une partie pour payer la Marine, ce qui, sir John Lawson ayant réglé l'affaire de la Méditerranée en faisant la paix avec Alger, Tunis et Tripoli, de sorte que sa flotte va aussi bientôt rentrer, va diminuer de jour en jour, de sorte que la dépense du roi va être réduite, ce que Dieu veuille.
 
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                                                                                    à suivre...............

                                                                Décembre