lundi 24 novembre 2014

Suzanne 2 Anatole France nouvelle ( Guignol, L'étoile suite et fin France )

BISCUIT DE PORCELAINE VERS 1900 1

                                                           III
                                                     L'étoile

            Suzanne a accompli ce soir le douzième mois de son âge, et, depuis un an qu'elle est sur cette vieille terre, elle a fait bien des expériences. Un homme capable de découvrir en douze ans autant de choses et de si utiles que Suzanne en a découvertes en douze mois serait un mortel divin. Les petits enfants sont des génies méconnus ; ils prennent possession du monde avec une énergie surhumaine. Rien ne vaut cette première poussée de la vie, ce premier jet de l'âme.
            Concevez-vous que ces petits êtres voient, touchent, parlent, observent, comparent, se souviennent?
Concevez-vous qu'ils marchent, qu'ils vont et viennent ? Concevez-vous qu'ils jouent ? Cela surtout est merveilleux qu'ils jouent, car le jeu est le principe de tous les arts. Des poupées et des chansons, c'est déjà presque tout Shakespeare.
            Suzanne a une grande corbeille pleine de joujoux, dont quelques-uns seulement sont des joujoux par nature et par destination, tels qu'animaux en bois blanc et bébés de caoutchouc. Les autres ne sont devenus des jouets que par un tour particulier de leur fortune ; ce sont de vieux porte-monnaie, des chiffons, des fonds de boîte, un mètre, un étui à ciseaux, une bouillotte, un indicateur des chemins de fer et un caillou. Ils sont les uns et les autres pitoyablement avariés. Chaque jour, Suzanne les tire un par un de la corbeille pour les donner à sa mère. Elle n'en remarque aucun d'une façon spéciale, et elle ne fait généralement aucune distinction entre ce petit bien et le reste des choses. Le monde est pour elle un immense joujou découpé et peint.
            Si on voulait se pénétrer de cette conception de la nature et y rapporter tous les actes, toutes les pensées de Suzanne, on admirerait la logique de cette petite âme ; mais on la juge d'après nos idées, non d'après les siennes. Et, parce qu'elle n'a pas notre raison, on décide qu'elle n'a pas de raison. Quelle injustice Moi qui sais me mettre au vrai point de vue, je découvre un esprit de suite là où le vulgaire n'aperçoit que des façons incohérentes.
            Pourtant, je ne m'abuse pas ; je ne suis pas un père idolâtre ; je reconnais que ma fille n'est pas beaucoup plus admirable qu'une autre enfant. Je n'emploie pas, en parlant d'elle, des expressions exagérées. Je dis seulement à sa mère :
             - Chère amie, nous avons là une bien jolie petite fille.                               montreuil.fr
             Elle me répond à peut près ce que Mme Primerose répondait quand ses voisins lui faisaient un semblable compliment !
            - Mon ami, Suzanne est ce que Dieu l'a faite : assez belle, et elle est assez bonne.
            Et, en disant cela, elle répand sur Suzanne un long regard magnifique et candide, où l'on devine, sous les paupières abaissées, des prunelles brillantes d'orgueil et d'amour.
            J'insiste, je dis :                                                                        
            - Convenez qu'elle est jolie.
            Mais elle a, pour n'en pas convenir, plusieurs raisons que je découvre mieux encore qu'elle ne ferait elle-même.
            Elle veut s'entendre dire encore et toujours que sa petite enfant est jolie. En le disant elle-même, elle croirait manquer à certaine bienséance, et ne pas montrer toute la délicatesse qu'il faut. Elle craindrait surtout d'offenser on ne sait quelle puissance invisible, obscure, qu'elle ne connaît pas mais qu'elle sent là, dans l'ombre, prête à punir sur leurs bébés les mamans qui s'enorgueillissent.

            Et quel heureux ne le craindrait pas, ce spectre si certainement caché dans les rideaux de la chambre
Qui donc, le soir, pressant dans ses bras sa femme et son enfant, oserait dire en présence du monstre invisible :
            - Mes coeurs où en sommes-nous de notre part de joie et de beauté ?
            C'est pourquoi je dis à ma femme :
            - Vous avez raison, chère amie, vous avez toujours raison. Le bonheur repose ici, sous ce petit toit. Chut ! Ne faisons pas de bruit : il s'envolerait. Les mères athéniennes craignaient Némésis, cette déesse toujours présente, jamais visible, dont elles ne savaient rien, sinon qu'elle était la jalousie des dieux, Némésis, hélas ! dont le doigt se reconnaissait partout, à toute heure, dans cette chose banale et mystérieuse : l'accident. Les mères athéniennes !... J'aime à me figurer une d'elles endormant au cri des cigales, sous le laurier, au pied de l'autel domestique, son nourrisson nu comme un petit dieu.
            J'imagine qu'elle se nommait Lysilla, qu'elle craignait Némésis comme vous la craignez, mon amie, et que, comme vous, loin d'humilier les autres femmes par l'éclat d'un faste oriental, elle ne songeait qu'à se faire pardonner sa joie et sa beauté... Lysilla ! Lysilla ! avez-vous donc passer sans laisser sur la terre une ombre de votre forme, un souffle de votre âme charmante ? Êtes-vous donc comme si vous n'aviez jamais été ?

            La maman de Suzanne coupe le fil capricieux de ces pensées.
            - Mon ami, dit-elle, pourquoi parlez-vous ainsi de cette femme ? Elle eut son temps comme nous avons le nôtre. Ainsi va la vie.
            - Vous concevez donc, mon amie, que ce qui a été puisse n'être plus ?
            - Parfaitement. Je ne suis pas comme vous qui vous étonnez de tout, mon ami.
            Et ces paroles, elle les prononce d'un ton tranquille en préparant la toilette de nuit de Suzanne. Mais Suzanne refuse obstinément de se coucher.
            Ce refus passerait dans l'histoire romaine pour un beau trait de la vie de Titus, d'un Vespasien ou d'un Alexandre Sévère. Ce refus fait que Suzanne est grondée. Justice humaine, te voilà ! A vrai dire, si Suzanne veut rester debout, c'est, non pas pour veiller au salut de l'Empire, mais pour fouiller dans le tiroir d'une vieille commode hollandaise à gros ventre et à massives poignées de cuivre.
            Elle y plonge ; elle se tient d'une main au meuble, et, de l'autre, elle empoigne des bonnets, des brassières, des robes qu'elle jette, avec un grand effort, à ses pieds, en poussant de petits cris changeants, légers et sauvages. Son dos, couvert d'un fichu en pointe, est d'un ridicule attendrissant ; sa petite tête, qu'elle tourne par moments vers moi, exprime une satisfaction plus touchante encore.

            Je n'y puis tenir. J'oublie Némésis, je m'écrie :
            - Voyez-la ; elle est adorable dans son tiroir !
            D'un geste à la fois mutin et craintif, sa maman me met un doigt sur la bouche. Puis elle retourne auprès du tiroir saccagé. Cependant je poursuis ma pensée :
            - Chère amie, si Suzanne est admirable par ce qu'elle sait, elle est non moins admirable par ce qu'elle ne sait pas. C'est dans ce qu'elle ignore qu'elle est pleine de poésie.
            A ces mots, la maman de Suzanne tourna ses yeux vers moi en souriant un peu de côté, ce qui est signe de moquerie, puis elle s'écria :
            - La poésie de Suzanne ! la poésie de votre fille ! Mais elle ne se plaît qu'à la cuisine, votre fille ! Je la trouvai l'autre jour radieuse au milieu des épluchures. Vous appelez cela de la poésie, vous ?
            - Sans doute, chère amie, sans doute. La nature tout entière se reflète en elle avec une si magnifique pureté, qu'il n'y a rien au monde de sale pour elle, pas même le panier aux épluchures. C'est pourquoi vous la trouvâtes perdue, l'autre jour, dans l'enchantement des feuilles de chou, des pelures d'oignon et des queues de crevettes. C'était un ravissement, madame. Je vous dis qu'elle transforme la nature avec une puissance angélique, et tout ce qu'elle voit, tout ce qu'elle touche s'empreint pour elle de beauté.
            Pendant ce discours, Suzanne quitta sa commode et s'approcha de la fenêtre. Sa mère l'y suivit et la prit dans ses bras. La nuit était tranquille et chaude. Une ombre transparente baignait la fine chevelure de l'acacia dont nous voyions les fleurs tombées former des traînées blanches dans notre cour. Le chien dormait, les pattes hors de sa niche. La terre était trempée au loin d'un bleu céleste . Nous nous taisions tous trois.
            Alors, dans le silence, dans l'auguste silence de la nuit, Suzanne leva le bras aussi haut qu'il lui faut possible et, du bout de son doigt, qu'elle ne peut jamais ouvrir tout à fait, elle montra une étoile. Ce doigt, qui est d'une petitesse miraculeuse, se courbait par intervalles comme pour appeler.
            Et Suzanne parla à l'étoile !
            Ce qu'elle disait n'était pas composé de mots, c'était un parler obscur et charmant, un chant étrange, quelque chose de doux et de profondément mystérieux, ce qu'il faut enfin pour exprimer l'âme d'un bébé quand un astre s'y reflète.
            - Elle est drôle, cette petite, dit sa mère en l'embrassant.

* femme et enfant Renoir
                                                                             

                                                                  
                                   IV

                               Guignol                        

            Hier, j'ai mené Suzanne à Guignol. Nous y prîmes tous deux beaucoup de plaisir ; c'est un théâtre à la portée de notre esprit. Si j'étais auteur dramatique, j'écrirais pour les marionnettes. Je ne sais si j'aurais assez de talent pour réussir ; du moins, la tâche ne me ferait point trop de peur. Quant à composer des phrases pour la bouche savante des belles comédiennes de la Comédie-Française, je n'oserais jamais. Et puis, le théâtre comme l'entendent les grandes personnes, est quelque chose d'infiniment trop compliqué pour moi. Je ne comprends rien aux intrigues bien ourdies. Tout mon art serait de peindre des passions, et je choisirais les plus simples. Cela ne vaudrait rien pour le Gymnase, le Vaudeville ou les Français ; mais ce serait excellent pour Guignol.
            Ah ! c'est là que les passions sont simples et fortes. Le bâton est leur instrument ordinaire. Il est certain que le bâton dispose d'une grande force comique. La pièce reçoit de cet agent une vigueur admirable;
elle se précipite vers " le grand charassement final ". C'est ainsi que les Lyonnais, chez qui le type de Guignol fut créé, désignent la mêlée générale qui termine toutes les pièces de son répertoire. C'est une chose éternelle et fatale que ce " grand charassement " ! C'est le 10 août, c'est le 9 thermidor, c'est Waterloo !

            Je vous disais donc que j'ai mené hier Suzanne à Guignol. La pièce que nous vîmes représenter pêche sans doute par quelques endroits ; je lui trouvai notamment des obscurités ; mais elle ne peut manquer de plaire à un esprit méditatif, car elle donne beaucoup à penser. Telle que je l'ai comprise, elle est philosophique ; les caractères en sont vrais et l'action en est forte. Je vais vous la conter comme je l'ai entendue.                                                                                                    
            Quand la toile se leva, nous vîmes paraître Guignol lui-même. Je le reconnus ; c'était bien lui. Sa face large et placide gardait la trace des vieux coups de bâton qui lui avaient aplati le nez, sans altérer l'aimable ingénuité de son regard et de son sourire.
            Il ne portait ni la souquenille en serge ni le bonnet de coton qu'en 1815, sur l'allée des Brotteaux, les Lyonnais ne pouvaient regarder sans rire. Mais, si quelque survivant de ces petits garçons qui virent ensemble, au bord du Rhône, Guignol et Napoléon, était venu, avant de mourir de vieillesse, s'asseoir hier avec nous aux Champs-Elysées, il aurait reconnu le fameux " salsifis " de sa chère marionnette, la petite queue qui frétille si drôlement sur la nuque de Guignol. Le reste du costume, habit vert et bicorne noir, était dans la vieille tradition parisienne qui fait de Guignol une espèce de valet.
            Guignol nous regarda avec ses grands yeux, et je fus tout de suite gagné par son air de candeur effronté  et cette visible simplicité d'âme qui donne au vice une inaltérable innocence. C'était bien là, pour l'âme et l'expression, le Guignol guignolant que le bonhomme Mourguet, de Lyon, anima avec tant de fantaisie. Je croyais l'entendre répondre à son propriétaire, M. Canezou, qui lui reproche de " faire des contes à dormir debout " :
            - Vous avez bien raison, allons nous coucher.
            Notre Guignol n'avait encore rien dit ; sa petite queue frétillait sur sa nuque. On riait déjà.

            Gringalet, son fils, vint le rejoindre et lui donna un grand coup de tête dans le ventre avec une grâce naturelle. Le public ne s'en fâcha point ; au contraire il éclata de rire. Un tel début est le comble de l'art. Et, si vous ne savez point pourquoi cette audace réussit, je vais vous le dire : Guignol est valet et porte la livrée. Gringalet, son fils, porte la blouse ; il ne sert personne et ne sert à rien. Cette supériorité lui permet de malmener son père sans manquer aux convenances.
            C'est ce que Mlle Suzanne comprit parfaitement et son amitié pour Gringalet ne fut point diminuée. Gringalet est, en effet, un personnage sympathique. Il est grêle et mince ; mais son esprit est plein de ressources. C'est lui qui rosse le gendarme. A six ans, Mlle Suzanne a son opinion faite sur les agents de l'autorité : elle est contre eux et rit quand Pandore est bâtonné. Elle a tort sans doute. Pourtant il me déplairait, je l'avoue, qu'elle n'eut point ce tort. J'aime qu'à tout âge on soit un peu mutin. Celui qui vous parle est un paisible citoyen, respectueux de l'autorité et fort soumis aux lois ; cependant si, devant lui, on joue un bon tour à un gendarme, à un sous-préfet ou à un garde-champêtre, il sera le premier à en rire. Mais nous en étions à une contestation entre Guignol et Gringalet.
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            Mlle Suzanne donne raison à Gringalet. Je donne raison à Guignol. Écoutez et jugez : Guignol et Gringalet ont longtemps cheminé pour atteindre un village mystérieux, qu'eux seuls ont découvert et où courraient en foule les hommes hardis et cupides, s'ils le connaissaient. Mais ce village est mieux caché que ne le fut, pendant cent années, le château de la Belle au Bois dormant. Il y a quelque magie à cela ; car le lieu est habité par un enchanteur, qui réserve un trésor à quiconque sortira victorieux de plusieurs épreuves, dont l'idée seule fait frémir d'épouvante. Nos deux voyageurs entrent dans la région enchantée avec des dispositions bien dissemblables. Guignol est las ; il se couche. Son fils lui reproche cette mollesse.
            - Est-ce ainsi, lui dit-il, que nous nous emparerons des trésors que nous sommes venus chercher ?
            Et Guignol répond :
            - Est-il un trésor qui vaille le sommeil ?
            J'aime cette réponse. Je vois en Guignol un sage qui sait la vanité de toute chose, et qui aspire au repos comme à l'unique bien après les agitations coupables ou stériles de la vie. Mais Mlle Suzanne le tient pour un lourdaud qui dort mal à propos et perdra, par sa faute, les biens qu'il était venu chercher, de grands biens, peut-être ; de grands biens : des rubans, des gâteaux et des fleurs. Elle loue Gringalet de son zèle à conquérir ces trésors magnifiques.
            Les épreuves, je l'ai dit, sont terribles. Il faut affronter un crocodile et tuer le Diable. Je dis à Suzanne
            - Mam'selle Suzon, voilà le Diable !
            Elle me répond :                                                                          
            - Ça, c'est un nègre !                                                                      
            Cette réponse, empreinte de rationalisme, me désespère. Mais moi, qui sais à quoi m'en tenir, j'assiste avec intérêt à la lutte du Diable et de Gringalet. Lutte terrible qui finit par la mort du Diable. Gringalet a tué le Diable !
            Franchement ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux, et je comprends que les spectateurs plus spiritualistes que mam'selle Suzon restent froids et même un peu effrayés. Le Diable mort, adieu le péché !
µPeut-être la beauté, cette alliée du Diable, s'en ira-t-elle avec lui ! peut-être ne verrons-nous plus les fleurs dont on s'enivre et les yeux dont on meurt ! Alors que deviendrons-nous en ce monde ? Nous restera-t-il même la ressource d'être vertueux ? J'en doute. Gringalet n'a pas assez considéré que le mal est nécessaire au bien, comme l'ombre à la lumière, que la vertu est toute dans l'effort et que, si l'on n'a plus de diable à combattre, les saints seront aussi désoeuvrés que les pécheurs. On s'ennuierait mortellement. Je vous dis qu'en tuant le Diable, Gringalet a commis une grave imprudence.malmener son père sans manquer aux convenances.malmener son père sans manquer aux convenances.
            Polichinelle est venu nous faire la révérence, la toile est tombée, les petits garçons et les petites filles s'en sont allés, et je reste plongé dans mes réflexions. Mam'selle Suzon, qui me voit songeur, me croit triste. Elle a communément cette idée que les gens qui réfléchissent sont des malheureux. C'est avec un pitié délicate qu'elle me prend la main et me demande pourquoi j'ai du chagrin.
            Je lui avoue que je suis fâché que Gringalet ait tué le Diable.
            Alors elle me passe ses petits bras autour du cou et, approchant ses lèvres de mon oreille :
            - Je vais te dire une chose : Gringalet a tué le nègre, mais il ne l'a pas tué pour de bon.
            Cette parole me rassure ; je me dis que le Diable n'est pas mort, et nous partons contents.


                                                                        Fin
                                                                     
                                                                                   Anatole France   -  Prix Nobel 1921

                                                    ( extrait du livre de mon ami  1882 ? )
                         
            

vendredi 21 novembre 2014

La Societé Dan Franck ( roman France )

La Société

                                                 La Societé

            Comment survivre lorsque le plus grand des drames survient ? " Off ", c'est le nom de l'homme qui décrit son quotidien. Logé dans le local à vélos de quelques dix mètres carrés éclairé par un étroit vasistas qui lui permet d'apercevoir les chaussures des passants et par l'éclairage du couloir, vingt secondes, lorsque les habitants du bâtiment D de la Résidence des Fleurs l'utilisent. Deux ans. En quelques minutes Off a perdu sa femme et ses deux enfants, est descendu du 6è étage à ce local après accord avec les nouveaux habitants,
ex-producteurs des séries que Off, scénariste, écrivait. Il sort et note avec une extrême minutie ce qu'il voit, le chien, "... en laisse métallique qui cliquette lorsque le cabot s'ébroue... un molosse... les quatre pattes bien accrochées au sol, langue pendante, oreilles dressées... " De ce nom qu'il a adopté il dit "... Off, celui qui parle sans être vu... " Il sort, observe, dissèque les maux divers de la société, lui qui ne vit plus, par choix après la destruction de son foyer, qu'avec le reliquat de ses maigres droits d'auteur. Et il se souvient, et là aussi décrit ses premières amours, à trois billets, sa rencontre avec Edith, les petites mains de ses enfants, son père en fin de vie. Un peu perdu lors de ses contacts avec ces hommes, ces femmes qui vivent un quotidien ordinaire, il se fait remarquer d'une façon inattendue lors des obsèques d'un homme qu'il n'a jamais rencontré. Émotions contenues d'un homme qui s'écroule de chagrin, mais raconte tout ce qu'il voit. Les chapitres Off sont quelque peu entrecoupés par la voix d'Edith, jusqu'au moment fatal. Il munit d'un GPS récupéré lors de l'enterrement un caddie, important les caddies dans nos vies, qui devient un petit
compagnon. Qui peut lui redonner le goût d'écrire. Quel secret voudra-t-il percer, raconter hors ce drame destructeur. Si les toutes premières pages laissent un peu perplexe, la lecture enveloppe le lecteur dans ce quotidien, cette misère intérieure, désespérée mais pas triste parce que l'auteur critique, ainsi il surnomme " Mr Pipi ", un professionnel de l'immobilier tout vêtu de bleu. Dan Franck est l'auteur de nombreuses séries et romans. Chacun trouvera sans doute matière à penser dans la description de La Société.
                                              

samedi 15 novembre 2014

Anecdotes et Réflexions d'hier pour aujourd'hui 37 journal Samuel Pepys ( Angleterre )



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                                                                                                                    16 décembre 1660

            Le matin à l'église, puis dîner à la maison. L'après-midi à Whitehall où je fus surpris d'apprendre qu'un complot avait été fomenté contre le roi et milord Monck, et que depuis hier soir on a arrêté 40 suspects. Je rencontrai par hasard Simon Beale le trompette qui m'emmena avec Tom Doling au poste de garde de Scotland Yard et nous montra le major général Overton. Je l'entendis nier être coupable d'aucun de ces crimes. Lorsqu'on l'accusa d'avoir fait livrer de nombreuses armes à Londres il répondit que c'était uniquement pour les vendre, il était prêt à le jurer.
            De là, avec Tom Doling, Boston et Dick Vines, que nous rencontrâmes en chemin, chez Price, où nous bûmes. Au cours de la conversation j'appris un bon moyen pour essayer de savoir si une femme était vierge ou non. En lui mettant une ficelle autour de la tête dont les extrémités se rejoignent sur son nez, si elle ne l'est pas, elles se rejoindront très loin du nez.
            De là chez milady. Je restai avec elle une heure ou deux à parler du duc d'York et de son épouse, la fille du chancelier. Elle me dit que tout est arrangé entre eux, et qu'il va l'épouser. Mais j'ignore dans quelle mesure cela est vrai.
            Il pleuvait fort et milady insista pour que je prisse la voiture, mais je refusai, me rendis chez mon père où je retrouvai ma femme et soupai. Après souper, avec un porteur de flambeau, à la maison et au lit.


                                                                                                                               17 décembre

                                                                                                                       proantic.com

            Toute la journée à la maison avec mes ouvriers. Dans l'après-midi seulement au bureau où les deux sirs William rentrés de Woolwich nous dirent que, contrairement à ce qu'ils craignaient, l'Assurance avait été remis à flot sans trop de dommages pour la coque, seules les marchandises avaient été endommagées. Ce qui prouve que c'est un bon et solide vaisseau.
            Aujourd'hui on a doré mon salon, cela me plaît beaucoup.



                                                                                                           
                                                                                                                                                                                                                                                                            18 décembre

            Toute la journée à la maison, sans bouger, à surveiller mes ouvriers.


                                                                                                                              19 décembre

            A midi allai dîner avec milady à Whitehall, puis retour au bureau, après quoi à la maison voir mes ouvriers. Cette nuit Mr Gauden m'a envoyé une grande échine de boeuf et une demi-douzaine de langues.


                                                                                                                                20 décembre

            Toute la journée à la maison avec mes ouvriers car je veux que tout soit terminé avant Noël. Aujourd'hui j'ai appris que la princesse royale a la petite vérole.


                                                                                                                           21 décembre 1660

               A Whitehall par le fleuve après avoir débarqué ma femme à Whitefriars. Elle allait chez mon père pour acheter avec lui un manchon et une cape. Je signai de nombreux documents au Sceau privé. Emportai 200 livres sterling de Whitehall à l'Echiquier et les déposai auprès de Mr Hale, puis je l'emmenai ainsi que Mr Bowyer à la taverne du Cygne et pris un verre avec eux. Ils m'apprirent que c'était la Saint Thomas et que, selon une tradition ancienne, ce jour-là les employés de l'Echiquier ont coutume d'organiser un souper et qu'ils ont l'intention de perpétuer la tradition ce soir. Je promis de venir si je le pouvais, mais je n'y allai pas.
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            Chez milady, dînai avec elle. Elle m'apprit que la princesse royale était gravement malade et que ce matin on la donnait pour morte. Elle avait entendu dire qu'elle avait épousé le jeune Jemyn, ce qui est pire que le mariage du duc d'York avec la fille du chancelier, qui est maintenant officiel.
           Après dîner au bureau tout l'après-midi. A sept heures, dans la boue, jusqu'à Whitehall pour voir si milord était revenu en ville. Je le trouvai chez lui en train de souper. Soupai avec lui. Il m'apprit que ma tante à Brampton avait évacué une grosse pierre, c'est la première fois que j'entends dire qu'elle souffre de la pierre, et qu'elle ne survivrai sans doute pas longtemps, que mon oncle va assez bien, mais souffre toujours beaucoup. Après souper, à la maison et au lit.


                                                                                                                                 22 décembre

            Toute la matinée avec mes peintres qui vont tout terminer aujourd'hui, je l'espère. A midi, me rendis à la taverne du Soleil sur la colline de Fish Street, pour assister à un dîner donné par le capitaine Teddiman. Assistaient milord Inchiquin, qui semble être un homme très agréable, sir William Penn, le capitaine Cuttance et un certain Mr Lawrence, gentilhomme très agréable qui part pour Alger, et d'autres personnes de bonne compagnie. Excellent dîner, bonne musique et beaucoup de vin. Nous restâmes très tard. Finalement sir William Penn et moi rentrâmes ensemble. Il était si imbibé de vin qu'il pouvait à peine marcher. Je dus le guider dans la rue, il était d'humeur très aimable et très gaie. A la maison, je la trouvai débarrassée des ouvriers et leur travail terminé. La tête tournée par le vin j'allai me coucher très joyeux, mais j'eus mal à la tête toute la nuit.


                                                                                                                                   23 décembre
                                                                                                                    Jour du Seigneur
                                                                                                                      mangerdumiel.com
            Le matin à l'église où notre banc était tout couvert de romarin et de rameaux portant des baies. Sermon ennuyeux d'un inconnu.
            A la maison où je découvris que ma femme et la servante, avec beaucoup de mal, avaient réussi à faire rôtir une grosse dinde que m'avait envoyée cette semaine Charles Carter, mon ancien collègue, maintenant pasteur dans le comté d'Hintingdon. Mais elle n'était pas tout à fait rôtie, si bien que je dus attendre jusqu'à 2 heures. Après à l'église avec ma femme. Bon sermon. Puis à la maison.
            Toute la soirée à lire mon livre. Ensuite souper, et au lit.          


                                                                                                                               24 décembre

            Le matin au bureau. Le commissaire Pett, qui vient rarement ici, me dit qu'il a récemment offert un présent en argent, deux brocs, à Mr Coventry, mais qu'il ne les lui avait pas renvoyés, ce qui m'incita à faire la même chose. Ensuite, après dîner, j'allai choisir une paire de chandeliers, demandai qu'on me les apprête, chez l'échevin Blackwell. Ensuite, de nouveau au bureau l'après-midi, jusqu'à la nuit, puis à la maison, avec les peintres jusqu'à 10 heures du soir pour mettre la dernière touche à ma maison et à l'arche devant ma porte. De sorte que ce soir je suis débarrassé d'eux. Tous les autres travaux sont achevés et ma maison est prête pour demain, jour de Noël. Aujourd'hui la princesse royale est morte à Whitehall.


                                                                                                       25 décembre 1660
                                                                                           Jour de Noël
            Le matin très heureux de constater que ma maison était débarrassée des ouvriers et propre. Elle est en vérité tellement mieux qu'elle n'était que je ne regrette pas les désagréments que j'ai dû subir.
            Le matin, à l'église. Mr Milles fit un très bon sermon. Retour à la maison pour dîner. Ma femme, moi et mon frère Tom qui vint ce matin voir ma femme mettre sa nouvelle cape, qui me plaît beaucoup, mangeâmes une bonne épaule de mouton et un poulet. Après dîner de nouveau à l'église, ma femme et moi. Sermon ennuyeux d'un inconnu, qui me fit dormir. Retour à la maison. Avant et après souper, moi à mon luth et à l' " Histoire " de Fuller que je lus tout seul dans mon bureau jusqu'à minuit. Ensuite, au lit.


                                                                                                                                                                                                                                                                                       26 décembre

            Le matin chez l'échevin Blackwell pour les chandeliers de Mr Coventry, mais comme ils n'étaient pas prêts je m'en allai et me rendis en voiture chez Mr Crew où je pris quelque argent chez Mr Moore pour milord, puis chez milord où je trouvai sir Thomas Bond, que je n'avais jamais vu, avec un message de la reine au sujet des vaisseaux qui devaient transporter ses affaires. Je me rendis donc avec lui chez Mr Coventry et de là au bureau. Je me fis tremper jusqu'aux os en traversant le pont. Vis sir William Batten et sir William Penn, ce dernier avait pris sa purge, je montai donc dans sa chambre. Après avoir réglé cette affaire je retournai à Whitehall par le fleuve et dînai avec lady Sandwich qui me dit, à table, que la mort de la princesse était en grande partie imputée au Dr Fraizer et aux autres médecins.
            Aujourd'hui milord a dîné avec sir Henry Wright pour préparer son départ en mer avec la reine.
            De là chez papa Bowyer où je retrouvai ma femme . Avec elle à la maison, par le fleuve.


                                                                                                                              27 décembre

            Le matin de nouveau chez l'échevin Blackwell où je trouvai les chandeliers prêts. Je les emportai avec lui dans sa voiture jusque chez milord et les confiai à Mr Shipley. Restai dans le jardin à bavarder longtemps avec milord qui me témoigne beaucoup d'amitié et s'ouvre à moi de la plupart des choses, ce qui me fait très plaisir.
portrait            A la maison. Avec ma femme chez sir William Batten pour dîner. Nombreuse et bonne compagnie. Chère abondante et de bonne qualité. Ma femme n'étant pas très bien rentra à la maison. Restai tard à les regarder jouer aux cartes, puis à la maison, et au lit.
            Cet après-midi un lord inconnu vint voir sir William Batten par erreur et se mit à discuter avec lui. Nous ne pûmes nous débarrasser de lui que lorsque sir Arnold Braems, Mr Bens et sir William se mirent à boire avec lui jusqu'à ce qu'il fût ivre. Nous pûmes alors le faire partir. Vers le milieu de la nuit je fus très malade, d'avoir trop mangé et trop bu, je crois. Je dus appeler la servante, qui nous fit rire ma femme et moi, en se promenant en toute innocence en chemise, et je vomis dans le bassin. Ensuite je dormis et le matin j'étais assez bien, simplement, j'ai pris froid et j'ai mal quand je pisse, comme jadis.


                                                                                                                            28 décembre
                                                                                                              Jour de bureau
            A la maison tout le matin. Dînai à la maison tout seul avec ma femme. Restai chez moi tout l'après-midi. Le soir à mon luth, avec beaucoup de plaisir. Ensuite, au lit, sans me faire prier.


                                                                                                                              29 décembre 1660

            A la maison tout le matin. Plusieurs personnes vinrent me parler. Mr Shipley au sujet de 100 livres sterling, Mr Kinward et Warren, le marchand, au sujet des planches, pour milord, le capitaine Robert Blake qui rentre de Gibraltar, au sujet du vin de Florence pour milord. J'allai avec lui voir sir William Penn, et comme ce dernier me fit cadeau d'une bourriche d'huîtres je les invitai tous les deux chez moi. J'avais par bonheur une belle pièce de boeuf qui cuisait pour le dîner. Ils dînèrent avec moi et restèrent bavarder tout l'après-midi. Bonne compagnie. De là chez l'échevin Blackwell et échangeai deux chandeliers que j'avais pris l'autre jour contre un plat de service magnifique et une coupe. Je les emportai en voiture chez milord et les y laissai. Ensuite retour chez mon père où je vis ma mère, puis chez mon oncle Fenner où mon père vint me voir. Nous bavardâmes et bûmes, puis nous partîmes. Raccompagnai mon père chez lui. Il me raconta que mes deux cousines Joyce sont de bien mauvaises épouses pour leurs maris, ce qui m'étonna beaucoup. Après avoir parlé de la venue de ma soeur chez moi la semaine prochaine, je rentrai à la maison, et au lit.


                                                                                                                          30 décembre
                                                                                                             Jour du Seigneur
            Restai tard au lit. Une fois levé je me rendis avec Will chez milord, m'arrêtant dans plusieurs églises en chemin. Je trouvai Mr Shipley en bonnet de nuit, prenant sa purge dans sa chambre. Restai bavarder avec lui jusqu'au dîner.  
            Milord dînait dehors et milady dans sa chambre, de sorte que Mr Hetley, Mr Child et moi dînâmes ensemble. Après dîner Mr Child et moi passâmes un moment à jouer du luth. Il me promit de me donner quelques leçons de théorbe, puis s'en alla voir Henry Lawes, alité, très malade.
            Allai à l'abbaye de Westminster où je vis une grande foule de gens qui venaient écouter les orgues. Ensuite à la maison, après être passé chez mon père, mais ne restai pas car mon père et ma mère étaient tous deux sortis. A la maison je me mis à lire l' Histoire de l'église de Fuller, jusque tard, ensuite, au lit.


                                                                                                                            31 décembre 1660

            Au bureau tout le matin, après cela à la maison. Comme je ne restais pas dîner je sortis et achetai à l'enclos de Saint-Paul la pièce d'Henry IV, me rendis ensuite au nouveau Théâtre. Passai d'abord voir Mr Crew et manger un morceau avec les personnes qui dînaient là, et vis jouer la pièce. Mais comme j'en attendais trop elle ne me plut pas autant qu'elle m'aurait plu autrement. Comme j'avais le livre, cela gâcha, je crois, un peu le spectacle.
            Allai ensuite chez milord. Je le trouvai jouant aux cartes en privé avec milord Lauderdale et quelques personnes de qualité. Mr Shipley et moi allâmes donc chez Harper boire un pot ou deux puis nous nous quittâmes. Mon jeune domestique rapporta de chez milord un chat que Sarah lui a donné pour ma femme, car nous sommes infestés de souris.
            A Whitehall, alors que je cherchais une voiture, il y avait un Français borgne qui allait du même côté que moi, si bien que nous partageâmes le prix du trajet en voiture et il me déposa dans Fenchurch Street. C'est étrange que cet homme, sans que je le lui demande, m'ait tout raconté sur lui, qu'il s'était enfui de chez son père et qu'il était venu en Angleterre pour servir le roi, et que maintenant il repartait, etc.
            A la maison, et au lit.



                                                                                 ......../   à suivre 1661
                                                                                                                       ....../

            Depuis la......
                                                                                                 
             
    

Anecdotes et Réflexions d'hier pour aujourd'hui journal 36 Samuel Pepys ( Angleterre )


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                                                                                                                      1er Décembre 1660                                                                                                                            Samedi
            Ce matin, m'avisant que certains objets n'avaient pas été mis à leur place par la jeune domestique, je pris un balai et lui donnai la bastonnade jusqu'à ce qu'elle pleurât à chaudes larmes, ce qui me contraria, mais elle se calma avant que je ne partisse. Ensuite à Whitehall où je retrouvai Mr Moore qui m'attendait au Sceau. Mais rien à y faire aujourd'hui.
            Je me rendis ensuite au domicile de milord St Albans et le trouvai au lit parlant à un prêtre, ou à quelqu'un qui en avait l'aspect, penché sur le lit. Je lui demandai s'il fallait faire attendre le ketch que j'avais réservé pour lui l'autre jour. Il semble être un gentilhomme agréable et courtois.
            Chez milord où je rendis l'état des comptes que j'avais vérifiés et sur lesquels je travaille depuis deux jours. Il les accepta. Je dînai avec milord et milady d'un pâté de gibier. Mr Shipley et moi nous rendîmes à Londres. Nous passâmes chez Mr Pinkney, l'orfèvre qui nous emmena à la taverne et nous offrit une pinte de vin. Nous retrouvâmes là le vieux Mr Flower et un autre gentilhomme qui nous raconta qu'un chevalier écossais avait été tué lâchement l'autre jour à la taverne de la Toison à Covent Garden, où de nombreuses personnes ont déjà été tuées. Ensuite à l'enclos de Saint-Paul. De là j'emmenai le petit homme de chez Mr Kirton et Mr Shipley chez Ringstead à la taverne de l'Etoile. Après une pinte de vin je rentrai à la maison, l'esprit quelque peu dérangé d'avoir bu tant de vin. Après avoir envoyé une ou deux lettres par la poste j'allai me coucher.


                                                                                                                       2 Décembre
                                                                                                        Jour du Seigneur
            Pas en forme et la tête qui tournait par suite de ma beuverie hier soir, ce qui est une grande sottise de ma part. A l'église où Mr Milles fit un bon sermon, puis à la maison pour dîner. Ma femme et moi avions pour nous deux un gigot de mouton, mais comme la sauce était sucrée cela ne me plut pas et je n'en mangeai pas, me contentai pour dîner de l'os à moelle que nous avions en plus.
            A l'église l'après-midi. Après le sermon je pris " l'Histoire Ecclésiastique " de Thomas Fuller et y lus toute la vie d'Henri VIII. Ensuite souper, et au lit.


                                                                                                         

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            Ce matin j'ai pris la résolution de me lever tôt le matin, je me levai donc à la chandelle, chose que je n'ai pas faite au cours de l'hiver. Je passai ma matinée à jouer du violon jusqu'à l'heure d'aller au bureau. Là sir George Carteret recommença à discuter de la proposition de Mr Holland que le roi prend très mal. De sorte que sir George propose à la place que les marins reçoivent la moitié de leur solde en argent comptant et des billets de solde pour l'autre moitié qui leur serait payée trois mois plus tard. Nous estimons cela parfaitement faisable. Après le bureau à la maison pour dîner. Mon cousin Snow vint par hasard et nous mangeâmes un très bon chapon. Ensuite de nouveau au bureau jusqu'au soir, puis à la maison. Vint alors Mr Davis de Deptford, sa première visite chez moi, et après lui Monsieur l'Impertinent qui part demain en Irlande et venait donc me dire au revoir.Ils me trouvèrent tous deux entre les mains du barbier, mais j'avais une bouteille de bon xéres à la maison et je leur fis très bon accueil.
            Mr Davis resta avec moi un grand moment après le départ de l'autre, il me raconta les mauvais traitements qu'il avait subis et les tentatives pour lui retirer sa charge du temps des anciens commissaires, et critiqua ouvertement leur corruption.
            Après son départ je lus Cornelianum Dolium jusqu'à 11 heures du soir, avec grand plaisir. Ensuite de quoi, au lit.


                                                                                                                           4 Décembre

            A Whitehall au bureau de sir George Carteret où il y avait réunion de tous les officiers, puis nous nous rendîmes chez le duc d'York qui nous emmena dans son cabinet et nous lui découvrîmes notre projet pour arrêter la dette croissante de la flotte, en payant la moitié des soldes maintenant et l'autre moitié dans quatre mois. Le projet lui plut. Il nous ordonna de retourner au bureau de sir George Carteret où nous rédigeâmes le projet afin de le présenter devant le Parlement. De là me rendis chez milord, dînai avec lui et lui racontai ce que nous avions fait aujourd'hui.
            Sir Thomas Crew dînait avec milord et nous nous amusâmes beaucoup de Mrs Borfett qui continue à dîner là, comme elle le fait tous les jours depuis quelque temps. Après dîner sir Thomas et milady se rendirent au théâtre pour voir La Femme silencieuse. Moi à la maison par le fleuve. Avec Mr Hunter tous seuls dans ma chambre, avons couché par écrit le projet de ce matin. Cela fait je le portai chez sir William Batten, je le trouvai en compagnie de quelques gentilshommes , dont sir William Penn que la boisson rendait fort joyeux, en train de jouer aux cartes. Je restai à les regarder jouer jusqu'à 1 heure du matin, puis sir William Penn et moi partîmes, et moi au lit.
            Aujourd'hui le Parlement a voté : les corps d'Olivier Cromwell, d'Ireton, de Bradshaw et de.. ( Pride ?.. ) doivent être exhumés dans l'abbaye de Westminster et transportés sur une claie jusqu'au gibet pour y être pendus et ensuite enterrés sous la potence. Cela ( je crois ) me contrarie qu'un homme d'un si grand courage que lui doive subir ce déshonneur, bien que par ailleurs il soit possible qu'il le mérite.


                                                                                                                            5 Décembre

            Ce matin j'ai montré la proposition que j'ai rédigé hier soir aux officiers et elle a été bien reçue. Je l'ai recopiée au propre pour que sir George Carteret la montre au roi. Elle doit ensuite aller devant le Parlement.
            Dîner à la maison, je me rendis ensuite au nouveau Théâtre et y vis une représentation des Joyeuses Commères de Windsor. Les états d'âme du gentilhomme campagnard et du docteur français étaient bien interprétés, mais le reste était fort médiocre et sir John Falstaff bien mal joué.
            De là au bureau de Mr William Montagu pour faire apposer le sceau ce soir sur certains documents entre sir Robert Pankhurst et moi relatifs aux 2 000 livres sterlings de milord, mais comme il ne venait pas j'allai chez mon père. J'y trouvai ma mère toujours malade de la pierre. Elle venait d'en évacuer une qu'elle a laissée tomber dans la cheminée et elle ne put la retrouver pour me la montrer. De là à la maison, et au lit.


culture.ulg.ac.be                                                                                                    6 décembre

            Ce matin certains commissaires du Parlement et sir William Batten se sont rendus au bureau de sir George Carteret ici, en ville, et ont payé la solde des marins du " Chesnut ". J'emmenai ma femme jusqu'à Whitefriars et l'y débarquai, moi-même jusqu'à Whitehall au Sceau privé où il y avait maints pardons sur lesquels je devais apposer  le sceau. Mais j'étais fort contrarié du fait que cela ne me rapportait aucun honoraire. De là Mr Moore et moi, tout seuls, à la taverne.de la Jambe dans King Street où nous dînâmes ensemble d'une langue de boeuf et d'un pis de vache.
            De là en voiture chez Mr Crew pour voir milord qui m'apprit qu'il quitterait Londres demain pour organiser la milice dans le comté d'Huntington. Il me demanda de mettre de côté un coffret contenant des bijoux et autres objets de grande valeur. Je promis de le faire. Après une longue conversation à bâtons rompus avec milord qui me confia son projet d'agrandir sa famille, etc., et me demanda de lui trouver un maître d'équipage et d'autres domestiques, nous nous quittâmes. De là, à pied chez Greatorex. Il n'était pas chez lui., mais je rencontrai Mr Jonas Moore que j'emmenai à la taverne des Cinq Cloches boire un verre de vin. Après l'avoir quitté, au Temple où sir Robert Parkhurst, comme prévu hier soir, scella nos écrits. Il doit recevoir les 2 000  livres promises demain.
            De là par voie d'eau jusqu'au débarcadère du Parlement et là dans une taverne pour voir Doling qui a soudain décidé de partir en Irlande pour tenter d'y faire fortune, Symons qui pâtit de ne pas avoir 200 livres sterling en espèces que j'ai refusé de lui donner. Je pourrais le faire maintenant et j'ai de l'affection pour lui et le crois honnête et solvable, néanmoins ma répugnance à me séparer de mon argent m'a empêché de le faire, Llewellyn qui avait encore la tête qui lui tournait d'avoir trop bu hier soir, Mr Mount et entre autres, un certain Mr Pierce, ancien militaire qui nous amusa avec des chansons et des histoires racontées avec l'accent écossais qu'il imite très bien, comme je n'en ai entendu de pareilles. Autant que je me souvienne je ne me souviens pas avoir jamais rencontré un aussi joyeux compagnon.
            De là jusqu'au pont par le fleuve. Il y avait un très agréable clair de lune, le batelier nous raconta toute une série d'histoires grivoises, qu'une fois il transporta une dame depuis Putney par une nuit comme celle-ci et elle lui demanda de se coucher près d'elle, ce qu'il fit, et, il lui donna son plaisir et lui fit bien d'autres coquineries.
            A la maison. Je trouvai la petite domestique en train de cogner à la porte, il était onze heures du soir, car sa maîtresse l'avait envoyée dehors pour quelque menue affaire, ce qui me fâcha lorsque je fus de retour. Je saisis l'occasion pour monter me coucher dans un accès de mauvaise humeur.
            Ce matin, avant de sortir, quelqu'un vint me voir pour m'informer que les juges de paix du Middlesex se réuniraient demain à Hickes Hall et qu'en ma qualité de juge de paix je devrais m'y rendre, mais malgré mon désir de m'y rendre je crains de ne le pouvoir.


                                                                                                                             7 décembre 1660

            Ce matin le juge rapporteur Fowler vint me voir, nous restâmes à parler jusqu'à l'heure de nous rendre au bureau. Je restai là jusqu'à midi passé, je quittai ensuite le contrôleur de la Marine et le surintendant et me rendis chez milord à Whitehall, mais il était parti ce matin pour Huntingdon, comme il me l'avait dit hier. Je restai dîner avec milady. Il y avait là la mère de Loud, le page. Elle avait dû être une très jolie femme et sa conversation est agréable.
            Avant le dîner j'interrogeai Loud en latin. Il se trouve être un très beau garçon qui a fait de très grands progrès en latin.
            Après dîner j'emportai un coffret contenant des objets de valeur que milord a laissés pour moi afin que je les porte à l'Echiquier. Ce que je fis, les déposai auprès de mon ami Spicer, qui a également payé ce matin 1 000 livres sterling, comme convenu, à sir Robert Parkhurst. Ensuite au Sceau privé où je signai un nombre inimaginable de pardons. Je suis contrarié que cela ne me rapporte rien. A la maison par le fleuve, et fus très heureux de constater que ma petite pièce a des chances d'être bientôt finie.
            Me mis à lire " l'Histoire des Abbayes " de Fuller, cependant que ma femme lisait " le Grand Cyrus " jusqu'à minuit. Ensuite, au lit.

                                                                                                                                                                                                                                                                                           8 décembre

            A Whitehall au Sceau privé, puis chez Mr Pearse, le chirurgien, pour leur dire que je passerai les chercher un peu plus tard pour les emmener dîner. Mais en me rendant au palais de Westminster je rencontrai sir George Carteret et sir William Penn. Ils craignaient que nous n'ayons fait une erreur de 100 000 livres sterling dans les derniers comptes rendus au Parlement, en donnant un chiffre trop bas, de sorte que je dus faire prévenir Mr Pearse de venir chez moi et également de laisser à Mr Spicer la clé du coffre qui contient l'argent de milord. Accompagnai donc sir William Penn au bureau par le fleuve. Là, avec Mr Hutchinson nous pûmes vérifier que nous n'avions pas fait d'erreur. J'allai donc dîner avec ma femme, Mr Pearse, le chirurgien, et sa femme chez Mr Pearse le commissaire de marine, c'est ma première visite chez lui. Il vit dans l'abondance et l'élégance. On nous servit une délicieuse échine de boeuf et d'autres bonnes choses, un repas très abondant avec une grande quantité de vin.. Après dîner sa fille joua du clavecin. Le soir retour à la maison à la lanterne. Mr Pearse et sa femme rentrèrent chez eux, et moi j'allai au lit, car j'avais bu tellement de vin que la tête me tournait. Ai été indisposé toute la nuit. Hier soir, avant de me coucher je remarquai que le vent s'était levé et soufflait très fort.


                                                                                                                                9 décembre
                                                                                                               Jour du Seigneur 
            Sir William Batten m'ayant appelé tôt je me levai et me rendis à son domicile. Il m'apprit la mauvaise nouvelle qu'il a reçue ce matin de Woolwich : " l Assurance ", l'ancien vaisseau du capitaine Holland et maintenant celui du capitaine Stoakes, en partance pour la Guinée, tout appareillé et avitaillé, a coulé par le fond à la suite d'une rafale. Vingt hommes se sont noyés. Les deux sirs William se rendirent su place en bateau pour voir ce qu'il en était, et on me dépêcha chez le duc d'York pour l'avertir. Je me rendis donc chez le duc en bateau avec d'autres gens qui allaient du Vieux Cygne à Whitehall. Je passai d'abord voir Mr Coventry à son bureau puis au chevet du duc, qui avait veillé la nuit dernière et resta tard au lit ce matin. Il en fut très surpris.
            Après cela je me rendis à la chapelle, m'assis sur le banc de Mr Blagrave et là, chantai ma partie en même temps qu'un autre, devant le roi, avec grande aisance.
            Me rendant ensuite chez milady je trouvai une lettre de milord, qu'Andrew avait porté jusque chez moi mais il m'avait manqué, m'ordonnant de me rendre chez Mr Denham et de m'arranger pour trouver quelqu'un qui aille le voir à Hinchingbrooke demain afin de discuter de certains travaux pour sa maison. Je le fis et pris Mr Kinward.
            Dîner avec milady, restai tout l'après-midi avec elle, discutâmes longuement de divers sujets, en particuliers de la beauté des hommes et des femmes. Il semble que ce soit un sujet dont elle aime beaucoup parler.
            De là, dans la soirée, chez Mr Kennard que j'emmenai chez Mr Denham, l'intendant, où, pendant que nous ne pouvions parler avec lui, son homme de confiance, Mr Cooper, nous offrit un verre de bon xéres. Puis avec Mr Kennard chez milady qui approuva ce chois, après un autre verre de xéres chez milord nous nous quittâmes après que j'eusse ordonné qu'on préparât un ou deux chevaux pour lui et son domestique, en vue de leur départ demain.
            Ensuite chez mon père où je m'assis avec eux tandis qu'ils soupaient. Je trouvai ma mère en bas et assez bien.
            De là à la maison où j'apprends que le contrôleur a quelque affaire à voir avec moi. J'allai donc le voir, avec la lanterne de Griffith. Nous discutâmes une heure, jusqu'à ce qu'il fût tard. Il me montra un projet qu'il a, selon lequel le roi créerait un ordre des chevaliers de la Mer, afin d'encourager les hommes d'honneur à s'engager dans la Marine. C'est un projet préparé avec grand soin et fort ingénieux.
            Ensuite à la maison, prières, et au lit.                                                                                                                                                             lefripi.wordpress.com
                                                                                                                       10 décembre

            Debout extrêmement tôt pour me rendre chez le contrôleur, pensant aller à Whitehall avec lui. Mais, comme il n'était pas levé et que c'était un beau matin avec un joli clair de lune, j'allai me promener seul et fis vingt fois le tour de Cornhill, de l'angle de Gracious Street au marché du pilori et retour, de 6 heures à 7 heures passées, une telle distance que j'étais las. Retournant chez le contrôleur et pensant le trouver prêt, je découvris qu'il était parti. Ce qui me contraria, et comme j'étais fatigué retournai à la maison. De là, avec ma femme, à Westminster par le fleuve. Je l'accompagnai chez Mr Bowyer, tous juste de retour de la campagne
mais je ne pus rester et me contentai de l'y laisser. Allai au palais où je rencontrai le colonel Slingsby. Apprenant que le duc d'York est parti ce matin voir le vaisseau qui a coulé hier à Woolwich, lui et moi retournâmes à son bureau dans sa voiture. Ensuite, dîner. Après dîner il revint me voir et resta bavarder chez moi. Entre autres propos il m'a dit qu'on s'attendait à ce que le duc épouse enfin la fille du lord chancelier. Cela risque d'entraîner la disgrâce de Mr Davis et de milord Berkeley qui se sont montrés si insolents envers le chancelier. Sir Charles Berkley a même juré que lui et d'autres ont souvent couché avec elle, ce que tout le monde pense être un mensonge.
            Lui et moi dans la soirée au café de Cornhill, c'est la première fois que j'y vais. J'y pris beaucoup de plaisir, à cause de la diversité de la compagnie et de la conversation.              patrimoine-histoire.fr
            A la maison. Ma femme était partie chez milady Batten. Elles sont convenues d'aller voir le vaisseau qui a coulé à Woolwich où se trouvent depuis hier les deux sirs William. Je décidai de les accompagner. Retour à la maison, et au lit après être d'abord passé dans mon cabinet de travail. Pour me rassurer je calculai combien j'ai en espèces. Il apparaît, d'après mes comptes les plus justes, que j'ai devant moi 240 livres sterling net. Dieu en soit loué !    
            Cet après-midi deux hommes vinrent me voir, avec un registre dans chaque main, et me demandèrent de l'argent pour la capitation. Je parcoururs rapidement le registre et vis que j'étais inscrit sous le nom de Samuel Pepys, gentleman. 10 shillings pour l'homme et 2 pour ses domestiques. Je payai sur le champ et sans aucune discussion, mais je crains de ne pas m'en tirer à si bon compte, c'est pourquoi j'ai depuis longtemps mis 10 livres sterling de côté à leur intention. Mais je crois ne pas être tenu de me découvrir.

                                                                                                           
                                                                                                                   11 Décembre

            Ma femme et moi debout très tôt aujourd'hui. Et, bien que le temps fut maussade et que le vent soufflât très fort, milady Batten et sa suivante, ainsi que nous deux, nous rendîmes par notre bateau à Woolwich. Milady avait très peur. Nous retrouvâmes les deux sirs William et maintes autres personnes qui espéraient que le temps s'améliorerait et qu'ils pourraient remettre à flot. l'Assurance, pauvre vaisseau à bord duquel je m'étais à deux reprises bien amusé du temps du capitaine Holland, qui gît là, par le fond. On ne peut voir que le pont supérieur et les mâts. Le capitaine Stoakes est très abattu, il lui manque des vêtements et de l'argent, il dit qu'on les lui a pris dans sa cabine. Je remplis donc mes premières fonctions de juge de paix et interrogeai un homme de l'équipage à ce sujet. Mais je ne pus trouver aucun motif pour l'inculper.
            A la dernière marée également, le Kingsale a été abordé par un autre vaisseau et a perdu un mât. Cela nous semble un mauvais présage pour l'expédition en Guinée de perdre deux vaisseaux avant même de faire voile.
            Après dîner, comme milady avait très peur, elle resta et garda ma femme avec elle. Moi et un autre gentilhomme ami de sir William Penn revînmes en bateau. Nous nous amusâmes beaucoup pendant le trajet. Je me fis ramener en bateau jusqu'à Whitehall. Au Sceau privé où je signai de nombreux pardons et quelques autres documents. De là, Mr Moore et moi à Londres dans une taverne près de ma maison. Nous bûmes et discutâmes des possibilités d'investir au mieux un peu d'argent. Pour le moment il m'a convaincu de placer 250 livres sterling contre remboursement de 50 livres par an pendant huit ans. Je crois que je vais le faire.
            De là, à la maison, où je trouvai la servante occupée à la lessive. Je montai dans mon cabinet de travail et fis là un rouleau de 100 livres sterling exactement, que je mis de côté après l'avoir scellé. Après quoi, au lit.


                                                                                                                             12 Décembre

            Contrarié de l'absence de ma femme. Ce matin, après avoir siégé une heure avec le contrôleur, je me rendis à Whitehall pour dîner avec milady. Après dîner, au Sceau privé où j'apposai le sceau sur un grand nombre de pardons, et pas grand chose d'autre. De là à l'Echiquier. Rendis visite à maman Bowyer et à ses filles. C'est la première fois que je les revois depuis mon dernier voyage en mer. De là montai avec Jack Spicer à son bureau et y pris 100 livres que j'emmenai en voiture jusque chez mon père, que je passai voir. Mon père m'offrit six pièces d'or au lieu de six livres qu'il m'avait empruntées l'autre jour, mais je ne voulus pas tirer profit de lui et refusai, quoi qu'après je fusse un peu ennuyé de ne pas l'avoir fait.
            De là à la maison où je comptai les 100 livres et les scellai avec celles d'hier soir. Ce sont les premières 200 livres que j'ai jamais réunies. Dieu en soit loué !
            Ensuite chez milady Batten où je restai une heure ou deux à bavarder avec sa fille et ses gens, en l'absence de son père, de sa mère et de ma femme, pour passer le temps. Ensuite, à la maison et au lit. Je lus pour m'endormir tandis que la domestique restait assise à mon chevet et raccommodait mes hauts-de-chausses.


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            Toute la journée à surveiller mes ouvriers qui, aujourd'hui ont commencé à peindre mon salon. Milady Batten et ma femme sont rentrées seulement à midi. J'allai donc chez milady où se trouvaient sir John Lawson et le capitaine Holmes. Nous dînâmes et on nous servit du très bon vin rouge fait en Angleterre par milady elle-même.


                                                                                                                          14 décembre

            Toute la journée d'aujourd'hui également à surveiller mes ouvriers. Je restai cependant au bureau avec le contrôleur un moment le matin et l'après-midi. Dans la soirée, ensemble un moment au café où nous nous trouvâmes en excellente compagnie et échangeâmes des propos fort intéressants sur les insectes et leur capacité à se reproduire comme les autres créatures.
            Ce soir, dans la conversation, le contrôleur m'apprit que, parmi les autres personnes qui ont été jusqu'ici offucuers supérieurs de la marine il y eut un certain Peter Buck, secrétaire du Conseil de la marine. J'en conçus en moi-même une certaine fierté.


                                                                                                                                15 décembre

            Toute la journée à la maison à surveiller mes ouvriers. Seul travail, à midi Mr Moore m'apporta certains documents à signer pour le Sceau privé et dîna avec moi. Nous mangeâmes, trois anguilles que ma femme et moi avions achetées ce matin à un homme qui les vendait dans la rue. C'est tout ce que j'ai fait aujourd'hui.


                                                                                               .../  à suivre.../      16 décembre

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samedi 8 novembre 2014

L'Equation de plein été Keigo Higashino ( policier Japon )

L'Équation de plein été

                                           L'équation de plein été

            Professeur de sciences à l'université de Tokyo Yukawa se rend à Hari-Plage, station balnéaire réputée pour ses fonds marins exceptionnels, poissons rares, cristaux, aujourd'hui délaissée par les touristes
" en raison de la crise ". Dans le train il bavarde un peu avec Kyöhei,10 ans, ils parlent expériences scientifiques. L'enfant passera quelques jours de vacances dans sa famille propriétaire d'une auberge. Les clients sont rares, Yukawa trouve facilement une chambre dans le petit hôtel. Un peu plus tard il croisera la fille des hôteliers au cours d'une réunion prévue par la Société Desmec pour prétendent-ils rassurer la population, les pêcheurs sur les méfaits des investigations marines en vue de l'exploitation des fonds marins. Yukawa semble tout d'abord jouer un jeu un peu trouble, ne parle guère lorsque le groupe anti-projet signale " ... les gisements hydrothermaux se trouvent aux endroits d'où montent les colonnes d'eau chaude... " Il réserve ses leçons de mathématiques, les triangles, construire une fusée avec des bouteilles d'1 l 1/2 de coca cola entre autres à Kyöhei, malheureusement mêlé à la mort d'un client imprévu arrivé le même jour en fin de soirée. Quels secrets seront mis au jour. Comme partout le jeune garçon joue avec ses vidéos, prépare un feu d'artifice avec son oncle, et suit le Dr Yukawa partout. Narumi craint ce mort, suicide, accident, meurtre ? Sauver la mer, son voeu. Pas de violence, une enquête, des policiers se déchaussent avant d'inspecter la maison des suspects, une histoire où il faut suivre un petit garçon partagé entre devoirs de vacances et ses jeux en compagnie d'adultes pour entrevoir " la solution du problème ".